Si les volatiles élisent domicile par centaines à Attainville, ce n’est pas pour pêcher du poisson. C’est tout simplement parce que le centre d’enfouissement technique (CET) de la société Fayolle leur fournit une nourriture abondante.

Des mouettes, les riverains en ont plus qu’assez. Surtout lorsqu’elles laissent leurs déjections un peu partout. « En dehors du nettoyage que cela implique, n’y a-t-il pas un risque de propagation de certaines infections véhiculées par les oiseaux ? Par exemple, la grippe aviaire ? », s’inquiète même une Attainvilloise qui vit au hameau de la Pépinière. 

“C’est dégueulasse, j’ai envie de vomir”

Mais plus que les oiseaux, ce sont surtout les odeurs des déchets qui insupportent les habitants du coin. « Elles sont quotidiennes. Nous ne pouvons plus rester à l’extérieur. Ma fille nous dit “C’est dégueulasse, j’ai envie de vomir” et nous sommes obligés de fermer les fenêtres », se plaint un père de famille.
D’ailleurs, les odeurs ne gênent pas que des Attainvillois. En fonction du vent, les effluves se propagent jusqu’à Moisselles et enivrent les habitants du centre-ville.
Pour protester contre cette situation, Didier Racape et Philippe Journet, deux Attainvillois ont crée l’Association pour la protection du hameau de la Pépinière et de ses alentours (APHPA), il y a quatre ans.
Au départ, ils n’étaient que des dizaines à s’ériger contre le CET qui n’était alors qu’en projet. Aujourd’hui, ils sont des centaines. Les responsables de l’APHPA se targuent d’avoir fait signer une pétition par plus de quatre cents personnes contre l’activité de « la décharge », comme ils la surnomment. Jeudi 18 janvier, lors de l’assemblée générale de l’association, la petite salle du conseil municipal à la mairie d’Ezanville était bondée. Des citoyens ont même dû suivre les débats de l’extérieur, du haut d’une chaise.

L’Etat cherche une solution contre les mauvaises odeurs

Au cours de la réunion, Didier Racape et Philippe Journet ont dressé un bilan de la dernière séance de la Clis (Commission locale d’information et de surveillance) qui s’était tenue deux jours avant et avait été avancée exceptionnellement par la sous-préfète de Sarcelles, Danièle Polvé. « Nous avons demandé la fermeture du centre d’enfouissement technique », ont affirmé les deux compères.
Pour l’instant, il n’en est pas question. « Nous essayons de trouver des solutions pour que cessent les mauvaises odeurs », assure la sous-préfète. Ainsi, Fayolle a installé une torchère provisoire pour brûler les biogaz qui polluent tant le quotidien des riverains. Quant aux mouettes, la société utiliserait des oiseaux de proie pour les chasser.
Néanmoins, il n’est pas sûr que ces dispositions vont satisfaire les habitants du hameau de la Pépinière qui n’excluent pas une prochaine prise de bec.

Ludovic LUPPINO