Les cent sept membres de l’association pour la sauvegarde du château de Franconville-au-Bois (ASCF) peuvent souffler. D’ici deux semaines, des travaux de sécurisation du site, et de protection vont débuter. « Depuis plusieurs mois nous avions tiré la sonnette d’alarme sur l’état de l’orangerie du château. Il y a un mois environ, un architecte de France ne s’est pas montré très optimiste sur l’évolution du bâtiment », explique Daniel Baduel, l’un des fondateurs de l’ASCF, historien local, et passionné du domaine.
 
Des piliers en béton pour soutenir le plafond

Aujourd’hui, la consolidation du plafond de cette superbe orangerie n’est qu’une question de jours. « Trois piliers en bétons vont être installés pour consolider l’édifice. Les poutrelles métalliques qui supportent le plafond en briquettes dans l’orangerie s’effritent un peu plus chaque jour. Ces travaux vont permettre de soutenir l’ensemble et d’éviter qu’un jour la façade ne cède et n’emporte avec elle la terrasse et la route », poursuit Olivier Valmier, coordinateur de la mission réhabilitation et exploitation du site pour l’hôpital de Saint-Martin-du-Tertre. Depuis plus de quinze ans déjà, des bastaings ont été mis en place pour tenter, tant bien que mal, de supporter l’usure du temps. « La chance que nous avons, c’est que cet hiver est doux. En cette période, les années passées, les pluies et le gel accentuent la détérioration des pierres. Des mesures vont être prises, c’est une bonne chose », rappelle Daniel Baduel.

Autre bonne nouvelle, d’autres travaux sont prévus sur le château. « D’ici le mois de mars, toutes les fenêtres et les vasistas vont être protégés. Beaucoup de vitres sont brisées, on ne compte plus les fuites d’eau, et il était urgent d’agir pour limiter les dégâts, ajoute Olivier Valmier.    Il est prévu d’installer des protections résistantes qui se fonderont devant les fenêtres actuelles, et sur lesquelles, il y aura des trompes l’œil ».

Des mesures concrètes de préservation, mais malheureusement encore du provisoire. Cependant un vent d’optimisme flotte depuis quelques mois sur le domaine du château de Franconville-au-Bois. Un grand projet est en effet dans la tête de tous les membres de l’ASCF, de la direction de l’hôpital, et de Jérôme Chartier président du Conseil d’administration. Il est prévu la restauration du château, et de l’aile arrière où se trouvait le sanatorium. Un projet financé par un investisseur de choix, l’ICAD, une branche de la Caisse des dépôts. « Ce projet s’articule autour de trois acteurs. Le propriétaire, le centre hospitalier de Carnelle, l’investisseur, ICAD, et un exploitant (encore en négociations N.D.L.R.) », confie Olivier Valmier.

L’hôpital resterait ainsi propriétaire de l’ensemble du domaine, mais le céderait pour une période à déterminer, sous la forme d’un bail emphytéotique. L’investisseur, propriétaire de ce bail, se chargerait des travaux qui pourraient atteindre les 20 millions d’euros. Ce dernier louerait enfin à un exploitant l’ensemble du château pour y exercer une activité : un programme qui prévoit la construction de chambres d’hôtel et de salles de séminaires a déjà été retenu.

Le sort du château semble enfin se dessiner. Même si tout n’est pas encore signé, les passionnés du château sont confiants.

Nicolas BRIARD
L’ECHO-REGIONAL