A 25 ans, Franck Abed espère bien être présent au premier tour de l’élection présidentielle. Cet étudiant en sciences sociales a fondé son propre parti politique en août 2006. Réconciliation national, c’est son nom, s’appuie sur des valeurs patriotiques et de progrès social. Il réfute le terme d’extrêmiste.

Personne ne le connait. Cet inconnu qui espère sortir de l’anonymat ne jure que par les « grands hommes », parle des « valeurs de la France éternelle » et se présente à la présidentielle. Pourtant le style de campagne que préfère le candidat n’est pas électoral mais militaire : Franck Abed, 25 ans, affiche un faible pour la première campagne d’Italie qui a révélé Bonaparte en tant que stratège en 1796.

Le fan de Napoléon 1er qui réside à Louvres, a lancé son parti en août 2006, qu’il a baptisé Réconciliation nationale. Il dénonce " l’Europe de Bruxelles, qui ne permet pas d’enrayer les délocalisations ». « Il faut revenir à une production locale à 90% sur notre territoire, afin de permettre les conditions de l’emploi », résume Franck Abed. Les premières mesures de son programmes sont de « revenir au franc et de recouvrer l’indépendance nationale ».
Le débat en 2005 sur la Constitution européenne l’a encouragé dans sa voie. « Quand j’ai vu le matraquage médiatique pour le oui, je me suis dit qu’il fallait se réveiller. » Son secrétaire de parti complète quant à lui les propos, recommandant de « sortir du processus mortifière de la mondialisation ».

Il revendique 265 parrainages

Sur internet, on assiste à des échanges virulents, en particulier sur des forums royalistes, où certains internautes invitent Abed à rejoindre Jean-Marie Le Pen. Le cyber-CV du candidat a même été piraté. Un farceur a transformé l’allusion « aux grands hommes, de Clovis à de Gaulle » à « de Clovis à Pétain ». « Cela fait partie du jeu politique, répond avec détachement Franck Abed. Ce ne sont pas quelques guignols qui vont me faire changer d’avis. » Pour le deuxième tour de l’élection présidentielle, le jeune Val-d’Oisien est clair : « je voterai blanc car je ne veux pas participer à la mascarade. Le pays continuera sa descente aux enfers. Ces cinq prochaines années seront perdues ».

A ses yeux Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont « les deux phases d’une mêmes pièce. C’est bonnet blanc et blanc bonnet ». Franck Abed affirme avoir pour l’instant décroché 265 parrainages. Il a jusqu’au 22 mars pour obtenir 500 signatures d’élus. Indispensable pour valider la candidature de tout présidentiable. L’étudiant et sa petite organisation y croient dur comme fer. 30 000 courriers ont déjà été expédiés aux maires. « J’espère avoir 550 à 600 promesses », pronostique-t-il.

Christophe Obry
VOtv