Née à Ténés en Algérie en février 1982, Nessrine vit dans une famille très soudée. Aînée de deux filles, ses parents espèrent très vite qu’elle fera de longues études. « Mon père a obtenu des diplômes, ce qui lui a permis d’être cadre supérieur. Nous menions une vie paisible avec un niveau de vie très satisfaisant » raconte Nessrine.
A l’âge de douze ans, alors qu’elle passe ses vacances en France pendant l’été, ses parents décident de rester vivre ici. « Ils ne nous l’ont pas imposé, ma petite sœur était trop jeune, mais moi ils m’ont demandé mon avis », explique-t-elle. 

Petite désillusion

Alors, la famille s’installe à Mantes-la-Jolie. Tout devient d’un coup très compliqué. Nessrine qui aurait dû entrer en 4e se voit reléguée en 6e car le cycle scolaire algérien n’est pas le même. « Du coup, j’ai perdu trois ans. Le français était ma LV1 en Algérie, mais en France j’ai dû faire de l’anglais, donc retour en 6e » regrette Nessrine. Les soucis s’enchaînent. Le père de Nessrine perd son emploi, sa mère, assistante de direction en Algérie ne trouve pas de travail. « Malgré ses diplômes, mon père n’a jamais réussi à retrouver un poste de cadre sup’. Il s’appelle Mohammed, ça n’a pas aidé. Ma mère a cherché longtemps, mais en France on ne manque pas d’assistantes de direction », commente la jeune femme.

Pour Nessrine, les choses ne s’arrangent pas au collège. A la fin de la 3e , ses professeurs considèrent que son niveau de français est trop faible et qu’elle présente beaucoup de lacunes pour entrer en seconde générale. « A cette époque, les profs voulaient démontrer à mes parents que je ne pouvais rien faire d’autres qu’un BEP. Mon père a toujours eu beaucoup d’ambition pour moi, il voyait les grandes études s’éloigner à grands pas » se souvient Nessrine. Elle ne se laisse pas démonter et décide de redoubler, malgré ses trois années de retard.

Changement radical

Pour faire sa deuxième 3e, Nessrine et ses parents déménagent à Pontoise, aux Larris. « On a senti que tout allait pouvoir recommencer » poursuit Nessrine. Son père passe avec succès le concours de la fonction publique, sa mère trouve un emploi de contrôle sur le réseau de bus et devient responsable d’équipe.
La famille achète un pavillon et s’installe à Vauréal. A partir de là, Nessrine commence à s’intéresser aux milieux associatifs.
En 2002, au lendemain de l’élection présidentielle, elle s’inscrit au PS. Elle commence à tracter auprès des autres militants. En 2006, elle devient vice-présidente de l’association des travailleurs maghrébins de France. Elle poursuit des études de droit à la fac de Cergy après une prépa.
Son parcours intéresse rapidement Dominique Lefebvre, maire de Cergy et candidat aux législatives dans la 2e circonscription. Après plusieurs rencontres et débats, c’est évident, elle devient sa suppléante pour la campagne. « Je ne pense pas avoir été choisie pour jouer la potiche maghrébine et « faire bien » aux côtés de Dominique. Mon parcours et mes origines font que je suis représentative de la population cergypontaine et c’est ça notre force », conclut Nessrine.

Agata MADENSKA
Echo Régional