Pontoise : des avis mitigés après le tournage de Cordier

Les commerçants du quartier Notre-Dame, très solidaires, s’étaient plaints du manque à gagner provoqué par le tournage du Commissaire Cordier. Une semaine après, les opinions ont beaucoup évolué pour certains…

Il y a deux semaines, ils répondaient à l’unisson à la pétition lancée par Bernadette Lambert, gérante de la Galerie du décor, rue de Rouen. Quelques jours après, les commerçants du quartier Notre-Dame ne partagent plus la même opinion sur le tournage de la série Commissaire Cordier.

Le quartier réquisitionné

Du 24 au 28 avril, les équipes de tournage de la maison de production boxeur de lune ont installé leurs caméras pour tourner un épisode de la série Commissaire Cordier (lire l’Écho du 2 mai). Très vite, les commerçants sont montés au créneau contre cet événement. " D’abord nous avons été prévenus quelques jours avant le début du tournage, en même temps que toute la population. Je suis la référente des commerçants du quartier et je pensais être prévenue en priorité ", s’agace Bernadette Lambert. Inadmissible pour cette commerçante qui aurait voulu s’organiser en conséquence. Il était impossible de stationner sur la place Notre-Dame et sur une partie de la place du Parc-aux-Charrettes. Seulement, les commerçants ne se sont vus proposer aucune solution pour leurs véhicules. " J’ai pris l’initiative de demander au président de la Chambre de commerce si nous pouvions stationner dans le parc du château de Marcouville. Nous avons obtenu des macarons pour y rester de 9 heures à 20 heures. Il faut toujours se débrouiller tout seul à Pontoise ! ", continue Bernadette Lambert.
Au problème de stationnement, sont venus s’ajouter les klaxons et les bouchons tout autour de la place. De nombreuses disputes ont éclaté entre les automobilistes qui ont eu du mal à rester patient. " Nous avons dû intervenir à plusieurs reprises pour séparer des gens, explique Xavier Duval du Bar moderne, c’est ça qui a été le plus embêtant. Les automobilistes n’ont pas forcément remarqué qu’il y avait un tournage et ne comprenaient pas les embouteillages ".

" J’ai signé mais… "

Une pétition a donc circulé entre les commerçants de la place. Quatre pages de signature ont été recueillies. Après coup, certains ne sont plus si véhéments. " On a voulu être solidaires entre nous mais je dois avouer que j’ai signé à la va-vite. Je ne sais même pas ce qui était écrit, je viens d’apprendre qu’une indemnité était réclamée ", confie Claude Jacquet, coiffeur. Le son de cloche est le même chez Sandrine Debay Aux mains de Notre-Dame, chez le fleuriste la Ronde des fleurs, chez la famille Duval au Bar moderne et chez Jean-François Péres le marchand de journaux. " Ils aiment tous regarder les séries populaires, mais ils savent bien que ça ne se tourne pas dans la forêt, tout de même ", peste Sandrine Debay, " J’ai signé mais… je vais demander à retirer ma signature ".

Des pertes inégales

Au Bar moderne, les quatre jours de tournage n’ont pas obéré le chiffre d’affaire : " Même si on a perdu un peu, on gagnera à un autre moment. On ne va pas se plaindre qu’il y ait des tournages dans la commune ", fait valoir Xavier Duval. Jean-François Péres, propriétaire de la papeterie presse est satisfait que les enfants aient pu assister à ça. " Ce n’est pas tous les jours qu’on vient tourner sur la place. Je ne peux pas nier que la circulation était difficile, mais je trouve ça positif pour les enfants du quartier. Et même si les équipes n’ont pas été des plus sympas, Pierre Mondy a joué le jeu. Il a distribué des autographes sans retenue ", insiste le libraire.
Seulement, Pascal Ribeiro au tabac le Val-d’Oise affiche un énervement certain par rapport à ce tournage : " J’ai perdu 15 % de mon chiffre en ce qui concerne les consommations au bar. Pour le tabac, j’ai six cents clients d’habitude, là je n’en ai eu que quatre cents. Les clients dépensent en moyenne dix euros au tabac. Dix euros multipliés par deux cents clients perdus, ça fait deux mille euros ! Et puis les équipes de tournage ont embêté mes clients en terrasse en leur demandant de ne pas regarder en direction du tournage ". Bernadette Lambert, à la Galerie du décor dit n’avoir reçu aucun client pendant les quatre jours de tournage.

Sur le coup le commissaire Cordier aura provoqué un tollé dans le quartier Notre-Dame. D’autres frustrations ont ainsi resurgi pour l’occasion, comme le manque de primeur après la fermeture de l’épicerie Proxi, qui scandalise le quartier.

Agata MADENSKA
ECHO REGIONAL