Il y avait du monde vendredi 1er juin à Roissy-Charles-de-Gaulle pour assister à l’arrivée de l’A380, le plus gros avion de ligne au monde, qui s’est posé pour la première fois sur l’aéroport francilien.
D’abord baptisé par les pompiers de la plate-forme qui ont actionné deux lances à incendie sur son passage, le superjumbo a ensuite été accueilli par près de deux cents employés d’Aéroports de Paris vêtus de coupe-vents oranges qui agitaient des bâtons fluos en guise de bienvenue. " Aujourd’hui est un jour de fête ", avait déclaré Pierre Graff.

Tests de compatibilité

Le président directeur général d’ADP était accompagné du secrétaire d’État aux Transports Dominique Bussereau, du président d’Airbus Louis Gallois, du directeur général délégué d’Air France-KLM Pierre Henri Gourgeon pour saluer l’équipage de l’avion et six écoliers du Val-d’Oise qui étaient à bord.
Parti à 11 h 06 de Toulouse, l’avion géant d’Airbus a atterri à 12 h 30 sur la piste 3 de l’aéroport, situé juste en face de la commune d’Epiais-les-Louvres, sous les yeux d’une centaine de journalistes et de photographes venus couvrir l’événement. Des passionnés de l’aéronef s’étaient même garés derrière les grillages de la plate-forme, sur la route départementale 212 pour pouvoir apercevoir le mastodonte et immortaliser la scène.
Le gigantesque aéronef devait subir une batterie de tests pendant deux jours, préparée par ADP, airbus et Air France-KLM. Ces essais ont consisté entre autres à vérifier la compatibilité du matériel aéroportuaire (embarquement et débarquement des passagers, livraison de la nourriture, alimentation en kérosène, etc.) à tester le dégivrage et mesurer l’éclairement sur les postes avion. " L’objectif est de s’assurer que nos procédures d’accueil et celles d’ADP s’adaptent à ce gros porteur ", commentait-t-on chez Air France.

De 525 à 750 places

Dimanche, l’A380 a repris l’air pour continuer son vol démonstration en direction de Narita (Japon). Il doit s’envoler ce mercredi pour Sydney (Australie) avant de rejoindre Taipei (Taiwan) vendredi. Cet avion qui a accumulé les retards de construction depuis juin 2005 est un véritable défi. Il doit permettre de transporter de 525 à 750 passagers soit 35% de plus que ses concurrents.
Censé être moins bruyant, moins polluant et moins consommateur en carburant que ses prédécesseurs, il doit permettre de répondre à de nouvelles exigences environnementales. " Cet appareil peut transporter un grand nombre de passagers et contribue ainsi à l’optimisation de nos capacités aéroportuaires tout en respectant nos exigences environnementales. La venue de l’A380 va renforcer la compétitivité de notre plate-forme de correspondance, c’est une réelle chance pour Aéroports de Paris ", s’est réjoui Pierre Graff.
En procédure d’atterrissage, l’A380 a semblé certes moins bruyant mais on n’ignore encore son impact réel dans une gestion quotidienne, notamment au décollage.

80 mètres d’envergure

Le plus gros avion civil au monde, qui s’est déjà posé dans quarante-cinq aéroports du globe, avait déjà atterri en Ile-de-France, il y a deux ans, lors du salon du Bourget. D’ici à 2011, plus de soixante dix aéroports seront prêts à le recevoir. Le premier exemplaire de l’A380 devrait être livré en octobre à la compagnie Singapore Airlines. Air France en a commandé douze. " Ils seront livrés de 2009 à 2012 à raison de trois par an ", a précisé Pierre-Henri Gourgeon, directeur général délégué d’Air France-KLM.
ADP affirme avoir dépensé près de 100 millions d’euros pour pouvoir adapter la plate-forme à cet aéronef démesuré d’une envergure de 80 mètres. Ainsi, le gestionnaire des aéroports franciliens a réalisé le satellite 3, aujourd’hui
" Galerie parisienne ". Cette nouvelle salle d’embarquement des aérogares 2 E et 2F, qui peut accueillir jusqu’à six A380, devrait ouvrir à la fin du mois.

Ludovic LUPPINO
ECHO REGIONAL