Pour sensibiliser la population au respect de l’environnement, le syndicat Sigidurs, qui traite les déchets ménagers de trente et une communes de l’Est du département, entreprend actuellement à Sarcelles des travaux ambitieux.
Après les vives critiques émises par le parti des Verts du Val-d’Oise concernant des problèmes de toxicité, le Sigidurs a modernisé et valorisé son usine. Tout d’abord par la mise aux normes de son unité d’incinération, afin de réduire les émissions des poussières et ensuite par la fondation d’un nouvel ensemble four-chaudière qui devrait être installée en 2009.
En parallèle, le Sigidurs veut surtout insister sur le tri sélectif. " Le problème des habitants, ce n’est pas qu’ils ne trient pas mais c‘est qu’ils trient mal " explique  son président Bernard Angels. Pour résoudre ce problème, le syndicat travaille à la mise en œuvre d’un réseau de cinq déchetteries. La première ouvrira  à Sarcelles en 2008 mais les autres à Gonesse, à Louvres, au Plessis Gassot et à Bouqueval, pas avant 2010. Ce dispositif permettra ainsi aux habitants de déposer leurs ordures ménagères et de trier correctement leurs déchets.

Transfert  de la compétence collecte

Cependant, seules les communes disposent actuellement de la compétence " collecte des déchets ". Le Sigidurs a donc élaboré de nouveaux statuts qui donneront la possibilité aux communes, si elles le souhaitent, de lui transférer leur compétence.
Ces nouveaux statuts seront proposés aux élus du Sigidurs à la mi-juin. Des études antérieures ont d’ailleurs démontré l’intérêt de ce transfert en matière d’efficacité et d’économie. " Quand les villes transféreront chacune leur compétence collecte, elles vont bénéficier de toute la logistique que nous mettrons en place ", explique Michelle Hingant, vice-présidente du Sigidurs.

" Mieux vaut convaincre que contraindre "

" Le changement de mentalité ne se fera pas du jour au lendemain ", concède cependant Bernard Angels. Pour obtenir des résultats, le Sigidurs a mis en œuvre, depuis décembre 2006, une politique de communication de proximité envers les habitants. Cette initiative passe par un partenariat avec les villes, les écoles, les gardiens d’immeubles et les associations.
Ces " ambassadeurs du tri " auront pour mission de former des esprits écolos par des informations régulières. L’objectif sera de changer, doucement mais sûrement, le comportement des individus au quotidien pour que la pratique du tri devienne un réflexe. " Mieux vaut convaincre que contraindre " déclare Michelle Hingant.
Une campagne de sensibilisation est également mise en place dans les principaux lieux publics tels que les supermarchés et d’ici peu dans les bureaux de poste et les salles d’attente. " Il y a une prise de conscience de plus en plus importante chez les gens ", remarque Bernard Angels.
L’objectif de ce projet est de mieux faire comprendre aux individus que certains gestes quotidiens rendent possible le recyclage des déchets, allègent les finances et préservent l’environnement.
Krystel DIDIER