"Des émeutes urbaines à Cergy sont passées inaperçues ", titrait le Monde dans son édition du samedi 23 juin, évoquant les déprédations du dimanche soir. Passées inaperçues pour qui ? L’Echo Régional ainsi que Le Parisien et La Gazette  ont évoqué les incidents en marge du festival 100 contests dès le lendemain po ur Le Parisien et le mercredi pour les deux autres, hebdomadaires. Parce que la presse nationale a fait un " loupé " peut-on considérer que l’événement est passé inaperçu ? Dans le Val-d’Oise et dans l’agglomération de Cergy-Pontoise en tout cas, ces émeutes urbaines
avaient fait beaucoup parler.
" Des tensions restent toujours vives dans les quartiers sensibles d’Ile-de-France mais font l’objet d’un traitement médiatique limité ", écrit dans le Monde Luc Bronner auteur de l’article paru le 23 juin. La faute à qui ? Au Monde, on ne pratique visiblement pas l’introspection et encore moins l’autocritique. Pour donner des leçons par contre…

Nombrilisme parisien ?

 En Une de l’Echo Régional mercredi 20 juin, nous avons titré " Cergy, la folle nuit du Festival " avant de prendre en page 5, " Les émeutiers s’invitent au festival ". A première vue, nous ne sommes pas passés à côté. Mieux encore, une de nos journalistes se trouvait sur place le fameux soir du dimanche 17 juin. Ce n’est que le samedi 23 juin, presque une semaine plus tard que la presse parisienne a réagi. Un sujet  sur Cergy a été diffusé pour la première fois au 6 minutes de M6 jeudi soir. C’est à ce moment-là que nos confrères parisiens se sont rendus compte de leur ratage. Au lieu de relater les faits, Le Monde, a préféré pointer du doigt l’incompétence des autres journalistes, locaux en l’occurrence. L’effet boule de neige a immédiatement été déclenché. TF1 a donc traité ce sujet samedi soir au 20 h. Encore une fois, il était  dit ou insinué que l’événement avait été occulté.
Les journalistes de TF1 sont venus à Cergy, les images en sont la preuve. Au Monde, la rédaction de l’article a dû se passer différemment. Les témoins, certainement joints par téléphone, affirment beaucoup de choses. Dominique Lefebvre, maire de Cergy a également été contacté par téléphone par l’auteur de l’article. Les journalistes du Monde ne seraient donc pas venus enquêter sur le terrain. Dommage… pour des journalistes qui n’hésitent pas à épingler leurs confrères. 

Scénario catastrophe

L’oubli aurait pu être pardonné. Mais notre confrère du Monde affiche en Une du journal : " L’épisode intervenu à Cergy (Val-d’Oise), le dimanche 17 juin, montre que des violences urbaines d’un niveau élevé peuvent ressurgir à tout moment ".
A part mettre de l’huile sur le feu, qu’a voulu prouver Luc Bronner ?  Les lecteurs du Monde ne sont certes pas aussi bien informés que nos lecteurs valdoisiens. Mais Luc Bronner sait-il seulement de quoi il parle ?
Il y a eu de la casse dimanche 17 juin, oui. Mais un tel article attise la peur et stigmatise encore davantage les territoires au-delà du périphérique. Le lecteur parisien, qui ne connaît peut-être pas la banlieue, (et nous ne lui jetons pas la pierre), croit un journaliste qui parle de banlieue même lorsqu’il n’y met pas les pieds.
Les événements de la gare du Nord avaient suscité l’attention de tous les médias. Présidentielle oblige ? Quoi qu’il en soit, à Cergy, des bandes rivales ont voulu régler leurs comptes. Sans affirmer que ces affrontements sont d’une banalité désolante, nous souhaitons juste rétablir les choses : Des bandes rivales s’affrontent partout.

Malheureusement pour les festivaliers, les voyous s’étaient donné rendez-vous sur cet événement. Il y a pourtant en Val-d’Oise (et partout ailleurs en banlieue) chaque année un grand nombre de festivals et d’événements culturels qui rassemblent beaucoup de monde sans casse. Le festival 100 contests s’est déjà déroulé plusieurs fois sans problème. Ce festival met en valeur les arts urbains, alors forcément…

Comme le sketch des Inconnus " La banlieue c’est pas rose, la banlieue c’est morose ", on trouve trop de journalistes parisiens avides de satisfaire un public de bobos en réchauffant la soupe d’une stigmatisation de soi-disant " quartiers difficiles ". On aime bien Le Monde, sauf lorsqu’il trempe sa plume dans des larmes de crocodile…

L’équipe de L’Echo-Régional