La décision du nouveau préfet du Val-d’Oise Paul-Henri Trollé est très attendue. Pour les défenseurs du projet de remblaiement – emmené par la société Valoise – l’issue est toute trouvée. Le 12 juillet dernier en effet, le Conseil d’orientation départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) a rendu un avis favorable au projet, avec toutefois une demande de garanties pour l’entreprise chargée du remblaiement. Après le feu vert du commissaire enquêteur, les municipalités de Beaumont, Mours et Nointel n’attendent plus que l’autorisation du préfet pour commencer les travaux.

Une fédération d’associations à la rescousse
Du côté des défenseurs du site, on ne voit pas ces avis comme une victoire. Le président du Comité d’aménagement du « lac des ciments » (Calc) reste déterminé. « Ce projet de comblement est un véritable scandale, mais cette affaire prend aujourd’hui une autre tournure. Depuis peu, plusieurs associations de défense de l’environnement se sont associées à notre combat.  Des associations des plus représentatives dans le département et en Ile-de-France qui regroupent des spécialistes de la faune, de la flore et de la gestion des déchets et des transports. Ces derniers se sont déplacés sur le site et ont examiné la situation », explique Bernard Baudouin.

Cette étude de l’écosystème qui s’est déroulée début juillet, devrait faire l’objet d’un rapport. Il sera transmis aux services de la préfecture dans les prochains jours. Mais déjà, les spécialistes soulignent la présence d’une dizaine d’espèces de plantes remarquables. « Nous espérons vraiment que cette étude sensibilisera le préfet sur l’importance de préserver le lac des ciments  dans son état », poursuit le président du Calc.

Des projets alternatifs
Une pétition contre le projet de remblaiement circule toujours du côté de Beaumont-Oise. Déjà plus de six cents personnes l’ont signé. Les associations et certains élus d’opposition ne manquent pas d’arguments et d’idées pour le devenir du site. « En novembre dernier, nous nous sommes abstenus sur l’ensemble du projet de la Valoise. Pour nous, un comblement partiel du plan d’eau pourrait être entrepris pour préserver plusieurs hectares de plan d’eau afin d’en diminuer la profondeur. Cela permettrait également de constituer un filtre avec la nappe phréatique par des matériaux appropriés. Un réaménagement des berges est souhaitable et permettrait par conséquent d’en sécuriser les abords », propose Jean-Pierre Grangié, conseiller municipal communiste, dans l’opposition.

Le Calc propose pour sa part de sauvegarder le site et de transférer la propriété à un organisme public. « Pour nous, la meilleure solution reste l’enlèvement des ruines industrielles dangereuses et le nettoyage complet du site. Il faut un aménagement de la pente des berges afin d’éviter tout accident et ouvrir le lac en partie au public, tout en protégeant les espaces naturels les plus sensibles », termine Bernard Baudouin.

La décision du préfet reste donc très attendue. Elle devrait être connue dès la rentrée.

Nicolas BRIARD, L’Echo, le Régional