Depuis la réunion publique du 11 avril les associations de défense de l’environnement à Auvers restent fermement opposées au projet de Port Autonome de Paris. Ce dernier envisage toujours l’installation d’une zone industrielle sur la rive de Saint-Ouen-L’Aumône face à Chaponval. Ce dossier sensible est « au point mort », mais le combat se poursuit. Certains habitants proposent même « un plan B ».


Françoise Piton, présidente de l’association Vivre dans la Vallée de l’Oise, reste très active même pendant la période estivale. Le 20 août, l’Auversoise a envoyé une lettre au ministre de l’Écologie, de l’Aménagement et du Développement durable, pour le sensibiliser à ce projet si controversé. « Nous passons à la vitesse supérieure. Nous avons écrit, au nom du collectif d’associations de défense d’Auvers, à Jean-Louis Borloo mais aussi à la secrétaire d’État à l’Écologie, Nathalie Koscuisko Morizet et à Christine Albanel, la ministre de la Culture. Il est important de dénoncer ce projet scandaleux et destructeur porté par Port Autonome de Paris. Il vise à rentabiliser un terrain qui, depuis plus de 30 ans, reste inutilisé en y installant des entreprises de bâtiment et de travaux publics, ainsi que des entrepôts de stockage. Tout cela articulé autour de quais de déchargement portuaire », dénonce la présidente de VVO.

Pas de concensus
Déterminées à dire « non » à un tel projet, les associations ne restent pas fermées pour autant aux arguments de Port Autonome. Début octobre, elles ont rendez-vous pour visiter la plate-forme portuaire d’Ivry-sur-Seine en exemple de ce qui pourrait être réalisé en face d’Auvers-sur-Oise. « Si nous restons catégoriques, nous sommes également à l’écoute. Lors d’un rendez-vous avec la directrice de Port Autonome de Paris, on nous a informés que des études hydrauliques étaient en cours pour “un projet nouveau” qui pourrait nous être exposé à la rentrée », poursuit Françoise Piton.


Un plan alternatif ?

Mais le sort de cette zone reste inconnu. Et pour cette raison, Claire Houbert, présidente de l’association Auvers lieu de Mémoire, propose un contre-projet. « Certes, nous ne sommes pas les propriétaires, mais il ne faut pas s’engouffrer dans une préservation stérile du site. Cela peut paraître utopique pour certains, mais cela ne coûte rien de proposer quelque chose. De notre côté, nous souhaitons sauvegarder ce site en le développant dans un projet touristique, explique-t-elle. Nous sommes face à Port Autonome qui se vend comme le premier port mondial de tourisme. Vendons notre idée qui met en valeur et préserve cette zone de 20 hectares ».

La mobilisation reste entière, et la pétition contre le projet circule toujours. Elle compte aujourd’hui plus de mille signatures et a convaincu le député maire de Pontoise. Philippe Houillon a montré à plusieurs reprises sont intérêt pour le dossier. Il affiche sa ferme opposition à une plate-forme portuaire qui n’a pas sa place en face d’un pôle touristique, Auvers, et d’une commune qui vient d’obtenir le label « Ville d’art et d’histoire », Pontoise.

Une nouvelle réunion publique est prévue dans quelques semaines pour poursuivre les débats et tenter de trouver une solution pour l’exploitation du site. 

Nicolas BRIARD, L’Echo le Régional