" Pourquoi pas les fours crématoires ? "
Laurent, 46 ans, SDF à la gare d’Argenteuil.

" J’ai appris l’idée du maire d’Argenteuil l’autre jour par les copains. Moi je dis à Mothron, " pourquoi pas les fours crématoires " ? Ca irait plus vite ! Ca fait six ans que je suis à la rue, on s’en tire avec le RMI, l’aide du Secours catholique et le Resto du cœur. De Mothron, je dirais simplement que c’est une ord…
Ici, nous on n’a rien, on n’est rien du tout. Je voudrais bien le voir nous dire qu’il envoie les gaz, non mais ! "

" Je trouve ça dégueulasse "
Patrick, 61 ans, SDF à la gare d’Argenteuil.
" Appelez-moi le Père Noël, c’est comme ça mon nom ici. J’étais artisan en électricité, digicodes, interphones. Ca fait 15 ans que je suis tombé dans la rue. J’ai demandé à Mothron de nous trouver un petit 3-4 pièces, juste de quoi pas être dehors en hiver, je peux payer avec ma retraite. Il nous a fait jeter de la mairie par ses sbires. Moi je trouve dégueulasse cette histoire de gaz. On n’a aucun moyen de s’en sortir, voilà encore la leçon ! "

" Cette affaire est exécrable "
Patrick, 51 ans, SDF à la gare d’Argenteuil.
" Moi aussi je m’appelle Patrick. Ca fait 6 ans que je suis à la rue. J’étais chef d’atelier de routage presse au Val-d’Argent, suite à un licenciement abusif, le divorce et tout ça, voila : la rue. On nous critique, et pourtant je peux vous dire qu’on fait tout pour être propres, je peux vous montrer même mon caleçon si vous voulez. J’ai commencé à travailler à 14 ans, alors vous comprenez, je trouve ça exécrable, cette affaire. "

" Heureusement que j’ai mes copains "
Tony, 40 ans, SDF à la gare d’Argenteuil.
" Moi, ça fait 7/8 ans que je suis à la rue, à cause de la liche. Je dis la vérité, je n’ai pas peur. J’ai commencé comme coiffeur à Enghien, Argenteuil, Saint-Gratien. Mothron, c’est un enf…, c’est tout. Heureusement que j’ai mes copains et des passants qui m’aident. À la gare d’Argenteuil il n’y a pas de problème, même avec la police municipale. Il y a même quelquefois des personnes qui donnent un repas chaud. "

" Pour Mothron  je n’ai qu’un mot "
Rolland, 43 ans, SDF au " Géant " d’Argenteuil.
" Dans la rue, moi ça fait seulement 1 an et demi. J’étais déménageur mais je n’ai pas pu continuer en raison d’un mal de dos pas reconnu par la Sécu. J’avais mon logement à Argenteuil, ça allait. Aujourd’hui je ne vois pas comment m’en sortir, alors je traîne entre le Géant et Intermarché. Pour Mothron, je n’ai qu’un mot, c’est un sal… On n’a pas de soucis avec les policiers municipaux. Seulement avec lui… "

« SDF, ça peut arriver à n’importe qui »
Sylvie, 49 ans, SDF au centre commercial.
« On habitait avec mon mari rue de la Voie-des-Bancs à Argenteuil, et puis on a été expulsés. J’étais relieuse à Sannois, mais la boîte a fermé. Mon mari il est ici SDF aussi, là il dort, mais il est agent communal à Sannois. Alors vous voyez, ça peut arriver à n’importe qui. Mothron, je lui dit « on n’est pas des rats, on n’est pas des enfants, on n’est pas sales. D’ailleurs vous voyez, j’ai même un cendrier, là, par terre ».

« On fait ce qu’on peut, c’est tout »
Christophe, 33 ans, SDF au centre commercial.
« Moi, j’étais palfrenier-soigneur à l’armée. J’ai passé mon permis PL et j’ai travaillé à Maffliers. Mais avec ma copine on est parti travailler plus loin, et elle m’a jeté. Elle était femme de ménage, mais je ne connais que le poids lourd. Je me suis retrouvé sans toit, ça fait un an et demi ou deux ans que je suis ici devant la sortie de secours du centre commercial, on ne fait de mal à personne, on fait ce qu’on peut, c’est tout… »

« La politique c’est de la merde »
Gérard, 58 ans, SDF au centre commercial.
« La politique, c’est de la merde, de droite, de gauche, du centre, tout. Je ne vois pas quoi vous dire d’autre, d’ailleurs je n’ai pas envie d’en parler. Avant, je votais. Mais ça sert à quoi, vous pouvez me le dire ? Mothron, qui dire ? À Fleury-Mérogis, on est mieux considéré qu’ici à Argenteuil. »
« Il aime pas parler » commente son copain Rolland.

« Nous, on n’embête personne ! »
Thierry, 45 ans, SDF au centre commercial.
« Ca fait un an que je suis là. Avant, j’étais boucher, je travaillais au pénitentier (N.D.L.R. : en prison). J’ai deux enfants de 19 et 20 ans, je ne les vois plus depuis longtemps. On n’est pas sales, on est des hommes, alors ? Mothron, ça va lui arriver. Nous, un logement, on est preneurs. Pour le moment, je dors avec mes copains dans le parking, là-bas, du côté d’Intermarché. On n’embête personne. »