La décision du nouveau préfet du Val-d’Oise Paul-Henri Trollé n’est toujours pas tombée. Doit-on y voir le signe d’un malaise sur ce projet de remblaiement ? La question est posée.  Pour les défenseurs du remblaiement – emmené par la société Valoise – l’issue est toute trouvée. Le 12 juillet dernier en effet, le Conseil d’orientation départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) a rendu un avis favorable au projet. Favorable oui, mais avec la demande de garanties pour l’entreprise chargée du remblaiement.

Les Verts disent « non »
Du côté des défenseurs du lac, on ne voit pas ces avis comme une victoire. Le président du Comité d’aménagement du « lac des ciments » (Calc) reste déterminé et reste mobilisé. Bernard Baudouin a depuis peu de nouveaux alliés, les Verts du Val-d’Oise. Si au niveau local les élus du groupe se disent en majorité pour le remblaiement, la fédération s’est positionnée différemment et interpelle ainsi le préfet du Val-d’Oise. « L’entreprise propriétaire de l’ancienne carrière n’est pas en mesure de dire exactement ce qui se trouve au fond du lac », déclarent-ils. Ils entendent par-là la présence des ruines, d’engins de chantiers ou de métaux lourds.  Une surprise aussi alors que Michel Vampouille, vice-président du Conseil régional en charge de l’environnement, avait donné son  assentiment sur le projet de la Valoise il y a quelques mois. Mais, il vrai qu’il ne s’agissait que d’un avis personnel de l’élu, qui n’intervient en aucun cas dans ce dossier si controversé et dans lequel même le préfet semble avoir du mal à se positionner.


Si l’enquête publique est terminée et qu’il ne reste plus qu’à attendre l’avis de Paul-Henri Trollé, les pêcheurs, eux aussi, s’inquiètent. « Cela fait des années que je vais au bord du lac pour pêcher et c’est une véritable erreur de vouloir le remblayer. Des études ont été réalisées il y a quelques années », explique un pêcheur de Beaumont.


Les pêcheurs s’inquiètent
Et d’ajouter : « Elles ont montré la présence de nombreuses espèces de poissons, chevennes, brochets, gardons, tances, et même des écrevisses. Que vont-ils devenir avec ce projet ? Il n’est pas possible de les récupérer. Mais au-delà du lac, il y a aussi des lapins, des renards et des pigeons ramiers qui vivent sur cette vingtaine d’hectares. Qu’est-il envisagé par la Valoise ? Rien du tout ! », s’agace un pêcheur de Beaumont.

La décision du préfet devrait tomber d’ici quelques jours maintenant. Rien n’est encore joué ni pour la Valoise, ni pour les membres du Calc.

Nicolas BRIARD, L’Écho Régional