Deux semaines après le lancement d’un nouveau marché hebdomadaire, Jean-Pierre Pernot, le maire de Méry-sur-Oise, souhaite protéger le commerce dans le centre-ville. Il cible les artisans de bouche.

Ils ne sont qu’une petite dizaine de commerçants le mercredi matin, mais les Mérysiens montrent déjà leur attachement au  nouveau marché découvert lancé par la municipalité et les commerçants du centre ville. Chacun en fait le constat, le commerce de proximité disparaît. Mais pour relancer cette dynamique et ne pas laisser Méry mourir à petit feu, le maire cherche des solutions.

Un périmètre de sauvegarde
« Nous avons travaillé conjointement avec l’association des commerçants pour relancer le  rendez-vous hebdomadaire du marché. La demande des Mérysiens d’avoir à nouveau un marché était importante. C’était un moyen de sauver le commerce de proximité. Mais aujourd’hui, il faut faire plus encore », explique Jean-Pierre Pernot.

Pas si facile pourtant de toucher à la liberté du commerce et au droit de propriété quand on souhaite user de son droit de préemption. Une solution possible depuis la loi Dutreil du 2 août 2005 qui devait laisser la possibilité aux municipalités de préempter les baux pour préserver au mieux la diversité des commerces. Problème, les décrets d’applications ne sont jamais tombés.


Un autre projet est envisageable pour le législateur. Il s’agirait de délimiter un périmètre de sauvegarde pour y interdire la transformation de « commerces de bouche » en une autre activité. Une zone intégrée dans le Plan local d’urbanisme (Plu), qui séduirait le maire de Méry-sur-Oise.

Au vote
« Cette solution pourrait être la bonne pour notre commune. On le voit bien, il n’y a que trop peu de commerçants de proximité dans le centre ville. Il y a une boulangerie, un caviste et c’est tout… », se désole Jean-Pierre Pernot. Ce projet de sauvegarde du commerce en centre ville sera débattu lors du prochain conseil municipal le 28 septembre.

Reste cependant un souci dans la solution proposée. Comment ne pas faire de tort aux petits commerçants lorsque la mairie usera de son droit de préemption ? Le projet à l’étude au plan national pourrait permettre aux maires de saisir le juge de l’expropriation pour qu’il fixe un prix de vente.

Nicolas BRIARD