La région, qui a déjà tiré les conclusions de cette étude, demande l’instauration d’un couvre-feu sur l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Quelles sont les conséquences du bruit sur notre santé. Depuis des années, les associations de riverains de l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle tirent la sonnette d’alarme. Une étude, rendue public aujourd’hui par le Consei régional d’Ile-de-France, amène de l’eau à leur moulin. C’est la première étude sur les effets du bruit sur la santé constatés auprès de médecins généralistes. Il est question d’Hypertension artérielle chez les hommes, de troubles du sommeil….
Ci-dessous, les principaux enseignements de cette étude :

O.Z.

La méthodologie
78 médecins généralistes sur 30 communes franciliennes, sélectionnées selon leur niveau d’exposition au bruit, ont contribué à étudier 4 391 patients âgés de plus de 15 ans venus chez le médecin entre le 28 novembre 2005 et le 4 décembre 2005.
Un questionnaire anonyme en 2 parties était donné. L’une remplie par le patient, l’autre par le médecin réunissant des éléments objectifs : poids, taille, tension et complétés par les avis subjectifs du patient et du médecin.

Les résultats les plus marquants
L’exposition au bruit urbain, routier, ferroviaire et aérien s’accompagne de liaisons statistiques fortes avec des manifestations sur la santé :
– Hypertension artérielle chez les hommes
– Troubles du sommeil
– Hospitalisations et arrêts de travail chez les femmes de 15 à 69 ans
– Etats anxieux et consommation de médicaments pour les 2 sexes.

Les effets du bruit  sur la tension artérielle
La prise de médicaments destinés à faire baisser la tension artérielle est :
• 5,6 fois plus fréquente chez les hommes de 40 à 69 ans, quand leur domicile est survolé par des avions passant à moins de 1.000 mètres.
• 2,6 fois plus fréquente chez les hommes de 15 à 39 ans dont le domicile est survolé par des avions à une altitude inférieure à 2.000 mètres.
• 2,2 fois plus fréquente chez les hommes de 70 ans et plus, quand leur domicile est survolé par des avions (altitude non précisée).
Les femmes jeunes sont protégées contre le Syndrome Métabolique d’Insulino-Résistance (SMIR),  jusqu’à la ménopause, grâce à leur imprégnation hormonale féminine.
   
Les effets sur le sommeil
Ne sont décrits ici que les « troubles objectifs du sommeil », le ressenti des patients n’est pas pris en compte ici.

Chez les hommes de 15 à 39 ans, les troubles objectifs du sommeil sont :
12 fois plus fréquents chez ceux qui font plus de 2 heures par jour de trajet en 2 roues à moteur.


Chez les femmes de 15 à 39 ans :
les trajets en voiture pendant plus de 2 heures par jour
§ s’accompagnent d’un doublement de la fréquence des troubles du sommeil.

Chez les hommes de 40 à 69 ans :
des troubles du sommeil sont observés 2 fois plus souvent quand leur domicile est exposé à des bruits routiers supérieurs à 65 dB(A).
les troubles du sommeil sont 1,6 fois plus fréquents quand le bruit routier nocturne à leur domicile dépasse 60dB(A).

Chez les femmes de 40 à 69 ans :
les durées de transports en commun supérieures à 1 heure par jour
§ s’accompagnent d’un doublement de la fréquence des troubles du sommeil. Le stress social peut aussi avoir les mêmes effets.

Les effets sur la morbidité, les arrêts de travail, l’hospitalisation

Chez les femmes de 15 à 39 ans, dont le domicile est survolé par des avions passant à moins de 2.000 mètres d’altitude, la fréquence d’une hospitalisation dans les 12 mois précédents l’étude est 5 fois plus forte (indépendamment du nombre d’enfants).
Chez ces femmes les autres sources de stress sonore sont aussi accompagnées d’une augmentation de la morbidité. Elles sont malades 2 fois plus souvent en cas de durée de transports en commun quotidiens supérieure à 1 heure/jour
Chez les femmes de 40 à 69 ans les hospitalisations sont 4 fois plus fréquentes quand le domicile est soumis à un bruit routier diurne supérieur à 65dB(A)
Pour toutes ces femmes, le stress social n’explique en rien cette augmentation significative de la morbidité, des hospitalisations ou des arrêts de travail : chez celles qui sont socialement fragilisées, le recours aux médicaments ou aux arrêts de travail est significativement moins fréquent.

Les états anxio-dépressifs
Chez les femmes de 15 à 39 ans, un état anxieux est :
 3 fois plus fréquent en cas de résidence à proximité d’un point noir ferroviaire, légèrement plus fréquent (+30%) chez celles qui passent plus d’une heure par jour dans les transports en commun chez les femmes de 40 à 69 ans :
la prise d’anxiolytiques ou d’antidépresseurs est 10 fois plus
fréquente en cas de résidence à proximité d’un point noir ferroviaire,
 les troubles de l’appétit sont 3 fois plus fréquents quand le bruit routier diurne au domicile dépasse 65 dB(A),
un état anxio-dépressif est 2 fois plus fréquent quand la durée§ des trajets en automobile dépasse 2 heures par jour (cet état est 1,5 fois plus fréquent en cas de durée quotidienne supérieure à 1 heure)

Chez les hommes de 40 à 69 ans :
    un état anxieux est 1,4 fois plus fréquent en cas de survol du§ domicile pendant une partie de l’année par des avions (altitude non précisée)
    une perte d’appétit est 4 fois plus fréquente quand les trajets en
§ transports en commun durent plus de 2 heures par jour : elle est 3 fois plus fréquente s’ils durent plus d’une heure.

Chez les hommes de 70 ans et plus,
    La consommation d’antidépresseurs est 5 fois plus fréquente quand le bruit routier diurne au domicile dépasse 75 dB(A)