Certains l’appellent déjà « l’affaire de Nointel », et pour cause. Depuis quelques semaines les voix s’élèvent dans ce petit village tranquille au nord du Val-d’Oise. « Nous sommes étonnés, au moment où toutes les villes et villages de France cherchent à externaliser les nuisances de leur centre-ville, qu’un tel dossier puisse être recevable. Depuis des années maintenant, nous supportons sans nous plaindre, les nuisances de l’activité agricole d’une petite exploitation dans l’avenue, en face de chez nous. Odeur, saleté dans la rue, bruits des animaux et des engins agricoles… Mais cette fois-ci nous ne sommes plus d’accord », prévient Christian Gay, un riverain.

Un élevage de volaille et de bovins

Avec une dizaine d’autres habitants, il a décidé de défendre son cadre de vie en tentant de se faire entendre. « Nous avons lancé une pétition que nous avons envoyée au préfet, au procureur de la République et à différentes instances pour dénoncer ce projet. Alors que nous sommes soumis à des réglementations strictes en matière d’urbanisme, notamment par les Bâtiment de France, nous voyons que ce dossier a franchi sans problème les différentes étapes lors d’une demande de permis de construire. Pourtant, ce hangar est prévu au vu des habitations, avec une hauteur de pignon de 6 mètres. La loi s’applique pourtant à chacun… », commente Daniel Butler, un autre Nointellois.

Pour l’exploitant de la ferme en question, ce soulèvement est une surprise. « J’apprends toute cette histoire et je ne comprends pas ce qui gêne ces voisins. Il s’agit d’une mise aux normes européenne de l’exploitation qui passe par la construction d’un bâtiment. Toutes les démarches sont légales », se défend cet éleveur de volaille et de bovins.

Les riverains de l’avenue de Paris ne veulent pas d’un bâtiment agricole
en face de chez eux.


Une querelle qui pourrait coûter cher au maire
Selon nos informations, ce hangar serait construit en béton, en bois et en tôle avec une superficie de 240 m2 environ. Il pourrait servir d’étable pour la vingtaine de bœufs de l’éleveur. « Depuis quelques mois, il nous semble que l’élevage s’intensifie. Nous savons très bien que Nointel est un village de campagne. Mais ce bâtiment pourrait très bien être construit ailleurs », ajoute Christian Gay.

Pour le maire de Nointel, Jean-Luc Mauduit, la situation est sensible. Mais l’édile n’imaginait sans doute pas le pataquès qu’il allait provoquer en donnant raison à ce dossier. Des habitants se soulèvent, ce qui pourrait lui jouer un mauvais tour pour les élections municipales en mars prochain. Pour s’expliquer et tenter de trouver un terrain d’entente…, Jean-Luc Mauduit, que nous avons tenté de joindre sans succès, propose une réunion aux habitants et à l’éleveur vendredi 5 octobre vers 18 heures.

Recours administratif
Pour l’heure, cette histoire n’est pas sans conséquence. Le tribunal de Pontoise a confié l’affaire à un conciliateur de justice. Mais les riverains sont déterminés : « Si ce projet devait aboutir à la délivrance d’un permis de construire, nous déposerons sans appel un recours administratif ».

Nicolas BRIARD, L’Écho le Régional (édition du 3 octobre)