Il ne reste aujourd’hui qu’un “no man’s land”. Seuls les murs d’enceinte au sigle de l’entreprise américaine Great Lakes Chimical témoignent du temps passé, celui d’une activité chimique à Persan. Mais ce qui occupe les esprits des Persanais et de la municipalité, c’est bien l’après Great Lakes, une fois le site dépollué.

Il y a quelques jours, d’anciens employés ont interpellé les pouvoirs publics, notamment le préfet et le maire de Persan, Arnaud Bazin. Dans une lettre ouverte, ils font part de leurs interrogations et de leur surprise face au projet de constructions de pavillons et d’une zone d’activité sur le site.

Inquiétudes
« Les activités industrielles passées ont eu comme conséquence une pollution importante du sous-sol et de la nappe phréatique du site. Le préfet du Val-d’Oise a pris un arrêté en date du 25 juillet 2006, concernant les mesures à prendre avant une réutilisation du site. Or, aujourd’hui, rien ne prouve que la dépollution a été effectuée », s’inquiètent-ils.

En décembre 2006, une hypothèse prenait corps pour l’après Great Lakes. « Il faut bien entendu dépolluer au mieux le site, mais il faut surtout un projet concret qui ne fera pas de ce terrain une friche inutile », expliquait Arnaud Bazin. Rien n’est encore joué pour la municipalité de Persan, qui espère voir construire cinquante pavillons en accession à la propriété, entre l’Esche et le quartier d’habitation déjà existant. Le maire espère également l’installation d’une zone d’activités. « Nous sommes très inquiets sur les conséquences possibles de certains polluants sur la santé des futurs occupants de la zone. Nous savons que le sous-sol est contaminé par des métaux lourds, le benzène, les chlorobenzènes, des phtalates et des cétones », soulignent les anciens employés.

Ces derniers demandent ainsi des éclaircissements et surtout une information claire de la situation autour du projet et du site. « Qui est actuellement propriétaire du terrain ? Qui est responsable de la dépollution du sous-sol et de la nappe phréatique ? Qui pilote cette dépollution ? ». Des questions précises mais des réponses encore floues.

En 2006 Jean-Pierre Ducroux était le responsable du site Great Lakes en France. Pour lui, deux solutions étaient possibles après le démantèlement. « Soit les Américains vendent le site à un promoteur et ce dernier serait ainsi en charge de la dépollution ; soit Chemtura (N.D.L.R. : l’entreprise née de la fusion de Great Lakes et d’une autre entreprise américaine Crompton) dépollue elle-même et revend ensuite à un promoteur ».

Arnaud Bazin a pris acte de la lettre de ces anciens employés. Pour l’heure, il préfère étudier le dossier avant de se prononcer. Si la page Great Lakes Chimical à Persan est tournée, l’histoire sur le devenir du site n’est pas terminée.

Nicolas BRIARD, L’Écho le Régional