Deux cent mille euros de prix au concours de backgammon. Il y avait de quoi appâter les joueurs, la semaine dernière à la Pergola Nova de l’Hôtel du Lac d’Enghien-les-Bains. Deux cents participants, trente Nations représentées, le cinquième French Open couplé au troisième European Backgammon, double Championships n’a pas laissé indifférents les passionnés.  Parmi eux : Antoinette Rodi, une Américaine qui effectue son premier voyage à l’étranger. « C’est tellement différent par rapport aux Etats-Unis. Un écran diffuse en direct les parties, les chaises des tables sont assorties aux nappes. Tout est raffiné », remarque-t-elle en faisant une pause. Cet endroit d’élégance que représente l’Hôtel n’est pas pour lui déplaire. « Mais quel que soit l’endroit, le backgammon reste tel qu’il est », ajoute la joueuse qui a commencé à l’âge de 17 ans.
Dans la salle, d’autres sont concentrés. On pourrait croire que tout le secret d’une victoire se cache dans le gobelet que les participants agitent avec fougue. Mais contrairement aux échecs, intervient dans le backgammon une part de hasard. « Ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne », reconnaît Nicolas, un jeune joueur. La présence du lancer de dés rend le calcul des probabilités indispensable, mais le hasard reste souvent maître du jeu. « Le backgammon est souvent comparé aux échecs, avec une part de probabilité et de chance, explique Jean-François Panin, qui supervise l’organisation du tournoi pour le groupe Lucien Barrière. Aux échecs on peut calculer 20 ou 30 coups d’avance. Au backgammon la probabilité des dés peut tout faire basculer ». Certes, les joueurs calculent la moindre erreur, peuvent s’améliorer et analyser leurs performances grâce au logiciel Snowy. Mais le jeu, l’un des plus anciens jeu de société, reste un tournoi qui réserve bien des surprises.
Comparé aux échecs

François Tardieu a été trois fois champion de France et d’Europe. Mais cette année, il est éliminé. « Le Backgammon est une gestion du risque qu’on essaie de maîtriser avec des combinaisons. Par une stratégie, on tente d’orienter le hasard ». Dans la Pergola Nova, beaucoup ont la même histoire. Au départ, joueurs d’échecs, ils ont ensuite découvert le Backgammon. Le président de l’association mondiale de backgammon et organisateur du championnat, Chiva Tafazzoli se félicite du niveau de la compétition. « Enghien est l’une des étapes d’une tournée européenne. La finale aura lieu à Venise en décembre ».

Caroline MONTSARRAT
ECHO REGIONAL