Samedi, la commune de Chérence a voulu honorer Nathalie Sarraute en apposant sur la maison où elle vécut un demi-siècle, une plaque mentionnant son nom, sa qualité d’écrivain et deux années : 1949 (époque où elle est arrivée à Chérence) et 1999, date de son décès.

Deux de ses filles (elle en avait trois : Dominique, Anne, Claude), ainsi qu’Antoine le fils d’Anne, sa compagne et leur fillette, assistaient à la cérémonie.

Marc Lovisi, maire de Chérence, prononça quelques mots pour situer la personnalité de cette femme écrivain née en 1900 en Russie avant que ne soit dévoilée la plaque : « C’est en 1949 qu’elle découvre Chérence. Séduite elle acquiert cette maison toute en niveaux, dédales, recoins et fenêtres inattendus, cette maison lui ressemble, remplie de silence de symboles et de signes, on l’y entend presque parler ; cette maison qu’elle aimait, où elle a tant écrit… ».

À la table d’un bistrot

Nathalie Sarraute aimait notre région, Le Roche-Guyon, Amenucourt, Vétheuil où elle écrivait à la table d’un bistrot (aujourd’hui disparu).

Le maire devait poursuivre : « Nathalie Sarraute aimait surtout notre village, elle en parlait bien, le défendait, le protégeait même, n’est-ce pas un peu à elle que nous devons être reconnus comme un beau et harmonieux village du Vexin ?
Elle aimant tant s’y promener, nombreux sont ceux, parmi nous, qui se souviennent d’elle, en balade, échangeant quelques paroles avec ses amies… »

Un portait

Mais qui pourrait faire d’elle un portrait ?
Elle qui disait :
« Un portrait de moi… je n’ai jamais fait de portrait dans aucun de mes livres. C’est faux, un portrait. On construit quelque chose autour d’une apparence, on résume la vie qui est immense, complexe, incernable. Tout ce qu’on dit sur nous presque toujours nous surprend, et, généralement, c’est faux parce qu’autre chose de tout à fait opposé apparaît qui est vrai aussi… »
Nathalie Sarraute s’est éteinte en octobre 1999, elle repose à côté de son mari au cimetière de Chérence.

L’enfance

Une fillette, Mathilde Huber lut un extrait de « l’enfance » :
«… on enlève le couvercle, et on découvre au toucher, les yeux fermés, une énorme poupée.
Elle a des boucles brunes, ses paupières sont bordées de cils longs et épais. C’est elle, je la reconnais. C’est elle que j’avais vue à Paris dans une grande vitrine… »
Ensuite Marie-Françoise Audouard, conseillère en charge du livre, des archives et des célébrations nationales, déléguée par Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication prit la parole pour évoquer l’œuvre de Nathalie Sarraute (ce dont nous reparlerons).
Gérard Claudel, vice-président du Conseil général, président du PNR, Philippe Houillon le député, quelques maires, élus et personnalités avaient tenu à assister à cette cérémonie, importante pour ce petit village de 146 habitants et rendre un juste hommage à une dame qui avait adopté ce beau village de Chérence et l’adorait.

Robert DÉMARD
Echo Régional du 7 novembre 2007