Il est 15 heures ce samedi 3 novembre à l’espace culturel de Leclerc, aux Flanades, à Sarcelles. Il est venu dédicacer ses livres pendant deux heures, en particulier son dernier ouvrage « Carnet du Sénégal » (édition Arthaud). Des textes de Richard Bohringer illustrés par Virginie Broquet sur l’Afrique, son Afrique. Il y décrit des scènes de la vie courante, s’émeut du paysage ou déclare sa flamme à l’Afrique.
Parce que Richard Bohringer connaît bien ce continent, en plus d’avoir la nationalité sénégalaise, il y vit cinq mois par an, dans le Sahel exactement. Lorsqu’une admiratrice lui affirme que « l’Afrique est très belle », il répond non sans passion : « Non, ce n’est pas ça, ce n’est pas que ça… C’est dur là-bas, très dur. Ce qu’il y a d’extraordinaire ce sont les humains, la population africaine ».

La terre mère

« C’est prouvé scientifiquement, on est tous des Africains », explique-t-il, fièrement. Il a le contact facile mais prévient de suite les journalistes : « je ne prends pas la pose ». L’écrivain est comme ça, un peu grognon mais proche des gens. Particulièrement des enfants, à chaque fois qu’un enfant passe à côté de lui, il l’interpelle, s’amuse avec, lui propose des petits fours, posés pour l’occasion. Son visage s’illumine alors, il en est déconcertant de sincérité. Son public est hétéroclite. Pendant deux heures, plusieurs dizaines de personnes vont se succéder pour lui serrer la main ou lui faire la bise. « Je n’ai pas peur des gens. Au contraire, j’aime qu’il vienne me parler ». Ce n’est pas pour déplaire à Solange, retraitée Sarcelloise, passionnée par le personnage et qui l’attend depuis plus d’une demi heure. « Il ne passe pas tout le temps à la télé c’est un vrai homme. J’adore ce qu’il fait, je me sens proche de lui, il est sincère », explique-t-elle, émue de le rencontrer.

« Je suis un gars du 9.5 »

Les Valdoisiens peuvent se sentir proche de lui, et pour cause pendant toute la durée de la séance de dédicace, Richard Bohringer, va le répéter sans cesse : « Je suis un gars du neuf cinq, moi ! ». Un gars de Deuil-la-Barre précisément. Il n’est pas avare en anecdotes. « Auparavant, il n’y avait qu’une grande route qui allait à Paris. Elle passait par Sarcelles, un vaste champ. Il y avait des poiriers, des cerises et à chaque fois qu’on passait, on en piquait. Ça a changé tout ça avec tout ce béton ! ». Une bonne passerelle pour parler politique, il fait de longues tirades sur la dégradation de la qualité de vie des banlieusards, sur certains hommes politiques « qui ne pensent qu’à l’argent et pas assez aux humains ». Il s’énerve, s’arrête, réfléchit et reprend. On comprend dès lors, d’où vient la force de son charisme, il est à la fois rêveur et indigné. Qu’on l’aime ou pas, il ne laisse pas indifférent. Il est passionné, alors quand une personne s’étonne que l’acteur écrive, il s’emporte. « Moi, j’écrivais avant d’être acteur, lisez mes livres, je ne vous demande pas de l’acheter mais allez dans un coin et lisez ! ». Et justement, lorsqu’on lit ses livres, on comprend sa passion pour l’Afrique.

Echo Régional du 7 novembre 2007