Scandant « libérez les sans-papiers, non aux expulsions », une vingtaine de manifestants a stationné durant quelques heures sur le balcon, alors que la préfecture était fermée au public.

« Libérez les sans-papiers »

Dans la matinée, les manifestants se sont mêlées discrètement aux usagers faisant la queue afin de pénétrer dans le bâtiment. Ils se sont ensuite, les uns après les autres, rendus sur la terrasse de la cafétéria des personnels, d’où ils ont atteint une corniche extérieure au premier étage du bâtiment, à l’aplomb du parvis de la préfecture.
Plusieurs tentatives de dialogue ont été entreprises, par le directeur de cabinet du préfet et le directeur départemental de la Sécurité publique. Vainement.
« L’extrême dangerosité de cette situation, le risque encouru par les manifestants, comme par les personnels de police, ainsi que le refus de ces personnes de quitter la corniche du bâtiment de la préfecture, a conduit le préfet à mobiliser les moyens de la Sécurité Publique départementale, ainsi que ceux de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris, en vue d’une intervention », a indiqué la préfecture dans un communiqué

L’évacuation forcée a eu lieu vers 16 h 15 sans incident. À l’issue de cette intervention, 26 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. La préfecture a porté plainte contre les intrus qui revendiquaient la libération d’un clandestin, Talibé Kébé.

Le préfet indique que M. Kébé est en situation irrégulière. Interpellé le 31 octobre à Bordeaux, le préfet de la Gironde a pris à son encontre un arrêté de reconduite à la frontière et M. Kébé a été placé en centre de rétention administrative.
Cette rétention a été prolongée de 15 jours par le juge des libertés. Cette prolongation a été par ailleurs confirmée par la Cour d’appel, saisie par l’avocat de M. Kébé.
Le tribunal administratif de Bordeaux a jugé conforme l’arrêté de reconduite. La légalité de cet arrêt a été confirmée par la Cour administrative d’appel, saisie en référé. Par ailleurs, durant sa période de rétention, M. Kébé a demandé l’asile politique auprès de l’OFPRA. Cette demande, examinée en urgence, a été rejetée par l’OFPRA.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis Claude Baland conclut qu’il n’a fait qu’appliquer la loi.

Echo Régional du 14 novembre 2007