« J’ai fait quelques cauchemars au début, mais j’essaye de ne plus y penser. » Une semaine après son agression, Sébastien reste très marqué physiquement mais surtout moralement par cet incident. La gorge serrée et les mains tremblantes, il explique tenter d’oublier cet événement, mais ne compte pas laisser son agresseur s’en sortir sans jugement.
Entreprenant ainsi des démarches judiciaires contre cet inconnu mais également contre la ville de Pontoise qu’il accuse de ne pas mettre les moyens nécessaires pour assurer la sécurité des visiteurs, le Franconvillois de 29 ans lance un appel à témoin afin que la police puisse identifier son agresseur.

Il roule sur  le téléphone portable

En cette fin d’après-midi, accompagné de son amie, Sébastien se rend à la foire Saint-Martin à laquelle il a l’habitude d’aller depuis l’enfance. Après une balade dans les allées et quelques tours dans les manèges, il monte dans une auto tamponneuse. Les carambolages se succédant, il roule sans le vouloir sur un téléphone portable qu’un individu avait fait tomber sur la piste le tour précédent.
L’appareil est broyé, et son propriétaire interpelle Sébastien à sa descente du manège. « Il est venu vers moi, m’a agressé verbalement mais rien de très méchant, il ne m’a pas touché. Je lui ai dit que l’on allait faire jouer mon assurance, mais il m’a répondu de laisser tomber », se souvient-il.

Embêté, le Franconvillois se tourne vers les responsables du manège qui lui indiquent qu’ils déclinent toute responsabilité pour ce genre d’accident. Sébastien fait demi tour et se dirige ver les allées.

C’est là qu’il croise la route de son agresseur. « On m’a donné un petit coup de pied. Sur le moment j’ai pensé à une poussette. Comme il y avait du monde je n’ai pas fait attention, mais ça a recommencé. Je me suis alors retourné pour demander à cet homme ce qu’il avait. Là, il m’a agrippé par le blouson et m’a donné plusieurs coups de poing et de tête. » Tandis que Sébastien perd connaissance,  son amie supplie la foule qui s’est massée autour d’appeler les secours. Mais personne ne bouge. Seul un inconnu a le courage de s’interposer et de faire fuir l’agresseur. «  Je tiens vraiment à remercier cet homme qui est intervenu», insiste d’ailleurs a victime.
La police et les pompiers arrivés sur les lieux, Sébastien est transporté à l’hôpital de Pontoise. Souffrant d’une fracture du nez et d’un gros hématome, les médecins lui prescrivent quatre jours d’ITT.

« Personne n’a  alerté la police »

Au lendemain de cet incident, le jeune homme a décidé de porter plainte contre X, mais également contre la mairie de Pontoise qu’il juge en partie responsable.  « Je n’attends pas d’indemnisation, je veux juste que la ville fasse en sorte qu’il y ait un effectif de police plus important sur ce genre d’événement. Je n’ai en effet pas ressenti l’effectif nécessaire. Après, je n’incrimine pas la police. La foire est grande, les policiers n’étaient pas là au bon moment. Mais je veux que justice soit faite. »
Une enquête a été ouverte pour tenter de retrouver ce mystérieux agresseur, l’individu ayant rapidement pris la fuite dimanche soir. Malheureusement, Sébastien est incapable de l’identifier. Il ne se souvient pas non plus si celui-ci était avec le propriétaire du téléphone portable sur lequel il a roulé, ce qui pourrait expliquer l’agression dont il a été victime.   Le Franconvillois voudrait ainsi lancer un appel à témoin. « Il y avait beaucoup de personnes autour de moi, si quelqu’un a vu quelque chose, j’aimerais qu’il ait le courage de témoigner. »

Un courage qui a fait défaut aux visiteurs qui sont restés spectateurs de l’agression de Sébastien. « Personne n’a alerté la police, j’aurais été content que quelqu’un le fasse », raconte-il avec une certaine amertume. Lorsqu’on lui demande s’il est en colère il répond « oui et non », précisant qu’il veut surtout alerter les gens car « cela peut arriver à tout le monde. Il faut prendre conscience de ce genre de nouvelle violence gratuite. Si les gens ne se rendent pas compte que ce n’est pas un fait de société banal, ça va être de pire en pire. Il y avait beaucoup de jeunes autour de moi, ça peut leur arriver. Si mon agresseur m’avait porté un coup de couteau, ça aurait été pareil. »

Cet événement aura en tous cas marqué la fin de la fidélité de Sébastien à cette foire : « Ca reste une fête traditionnelle, mais il y a toujours des bagarres, c’est pour ça que les gens viennent de moins en moins. Moi, je n’y remettrai jamais les pieds. »

Thomas HOFFMANN
Echo Régional du 14 novembre 2007