N’ayez crainte, la petite “bête à bon dieu” est inoffensive. Pour les Adamois en tout cas mais pas pour notre charmante coccinelle rouge vif à sept points. « Une espèce a été introduite en Belgique par les scientifiques il y a une dizaine d’années. On considérait alors la coccinelle asiatique comme un agent de lutte biologique contre ces ravageurs des cultures que sont les pucerons et les cochenilles. Cette petite bête s’est révélée incroyablement prolifique et exagérément vorace », explique Jean Cauchye, vétérinaire à la retraite, et consultant bénévole à la mairie de L’Isle-Adam.

Bien encombrantes

Depuis quelques semaines en effet, la commune compte par centaines les petites bêtes rouges, orange et noires. « À l’approche de l’hiver, ces coccinelles entrent dans les maisons pour se coller, en groupe, dans les coins de fenêtres, dans les greniers… Nous demandons aux habitants de ne pas les écraser car elles sentent mauvais, mais de les aspirer. Il faut en effet les éliminer mais pas pour autant utiliser des insecticides », ajoute Chantal Villalard, adjointe aux espaces verts. Et pour cause, ces coléoptères sont encombrants.

Que faut-il faire ?

Si elles ne sont ni dangereuses pour l’homme ni pour les animaux domestiques, les coccinelles asiatiques prennent la place de notre « bête à bon dieu ». « Au fil des années, elles colonisent notre pays et mangent les larves de nos coccinelles. Il s’agit aujourd’hui d’éviter la disparition de notre coléoptère rouge à sept points », précise Jean Cauchye. Trop voraces il faut donc limiter la casse… À l’automne, lorsque les proies des Asiatiques se font rares, elles peuvent ainsi se nourrir de fruits abîmés dont le raisin. Ceci peut donc devenir problématique pour les régions viticoles. Mais vont-elles entrer réellement en conflit avec nos coccinelles indigènes ? C’est la grosse inquiétude des naturalistes. L’impact des coccinelles asiatiques sur les populations de notre pays est à la fois direct par la prédation des larves mais aussi indirect par une utilisation des mêmes ressources alimentaires, les pucerons. Cette espèce est donc avant tout opportuniste.

Nicolas BRIARD

Si vous souhaitez participer à l’observation de cette invasion lancée par l’Institut national de recherche agronomique, vous pouvez recueillir une trentaine d’insectes dans un flacon après l’avoir rempli d’alcool à 90° et enfermé dans un sac plastique. Rédigez ensuite un court commentaire précisant la date de l’invasion et le lieu exact. Et expédiez le tout à Éric Lambert – INRA (Sophie Anipolio) BP 167 – 06903 – Sophia Antipolis Cedex.