Ces dernières années, de nombreuses cliniques ont fermé leurs portes pour cause de difficultés budgétaires. Certaines ont été rasées, d’autres transformées en maisons de retraite, d’autres encore restructurées pour devenir des immeubles de bureau ou de logement.
À Bondy, Joseph Mignen, médecin anesthésiste à la retraite, ne voulait pas engager de gros frais pour la reconversion de l’ancienne clinique Michelet, 50 rue Michelet. Propriétaire de cet important bâtiment de quelque 200 chambres et locaux divers, il avait préféré accueillir dans des conditions sommaires 148 locataires. Des familles qui payaient cher et régulièrement. Et pour cause : une bonne part est constituée de “sans papiers” soucieux d’éviter tout ennui avec la police. Un “tuyau” bien connu des marchands de sommeil. Jusqu’au moment où certains occupants, excédés par les conditions de promiscuité et d’insalubrité, ont fini par refuser de payer leur loyer. Une l’association des résidants de Michelet Bondy (ARMB) s’est même créée.

Rue Michelet, le docteur Joseph Mignen louait une petite centaine de chambres de 15 m2 en moyenne (le standard des cliniques dans les années 1970), avec des toilettes et un lavabo, et dans le meilleur des cas, une douche, entre 350 et 700 euros par mois. La ville l’avait attaqué en justice car le plan d’occupation des sols, interdit les logements collectifs dans ce secteur pavillonnaire non loin de la mairie.
Objet d’une plainte de la municipalité, le médecin retraité grippe sou aura tout perdu dans l’aventure. En effet, le tribunal vient de confirmer en appel sa condamnation à la confiscation de son immeuble et à une amende de 10 000 euros.
Malgré cet avatar, et en dépit d’un un arrêté de fermeture il y a un peu plus de deux ans, les locataires n’ont pas trop de souci à se faire. « Il n’est pas question de demander l’évacuation de personnes qui paient un loyer à un propriétaire peu scrupuleux », a indiqué le maire socialiste de Bondy, Gilbert Roger.

Rassurés sur leur sort immédiat, les Africains sans papiers, arrivés en France et à Bondy entre 2002 et 2005 ont improvisé une “fête de voisins” dimanche dernier. À présent, ils demandent leur régularisation.

François MOLYNEUX
Echo Régional du 14 novembre 2007