Une cinquantaine d’enfants de trois écoles primaires ont été associés aux cérémonies du 11 novembre au Thillay dimanche. Stessy Barbou, 10 ans-et-demi, de la classe de CM 2 de l’École du Centre, s’est vue remettre par Georges Delhault, le maire (DVD) du Thillay, une réplique du drapeau brodé et festonné des anciens combattants, tandis que Gaël Diet, 10 ans-et-demi, de CM2, responsable du Conseil municipal des jeunes, représentant de l’école Grands Champs, et Enis Aslan, 10 ans, de CM1 à l’école de Violettes, étaient dotés d’un autre drapeau tricolore.

C’est une première, pour la ville et peut-être en France, de faire participer de cette façon la jeunesse à l’hommage rendu aux soldats de la Première Guerre mondiale.

Une première en France ?

Élus, parents, enseignants et enfants étaient donc très émus lorsque ces derniers ont entonné « La Marseillaise » dans sa version intégrale, place du 8-Mai-1945.
Georges Delhault voulait rendre un particulier hommage aux 117 instituteurs de la Seine-et-Oise mobilisé sen 1914 et aux 26 habitants du Thillay qui ont quitté leurs élèves et leurs familles pour se rendre sur le front et n’en sont jamais revenus.

Le cortège s’est rendu dans cette école du Centre qui était l’unique école communale en 1914. Le maire y a fait sceller à l’extérieur, dans la cour, la stèle rendant hommage aux instituteurs morts pour la France. « Cette plaque fut offerte par le conseil général à la mémoire des instituteurs morts pour la France. Nous voulons tout particulièrement remercier Monsieur le maire qui nous fait l’honneur de nous permettre de porter un drapeau et de nous associer tout pleinement à cette célébration. Nous, les enfants des écoles, nous voulons rendre hommage à tous ces soldats, et tout particulièrement aux 177 instituteurs de la Seine-et-Oise qui, un jour, ont quitté leurs élèves pour se rendre au front.
Cet hommage est rendu aux soldats morts pour la France, afin qu’ils ne meurent une deuxième fois en devenant les oubliés de l’Histoire », a dit une élève dans un message

Au pied du monument aux morts a été lu le message d’Alain Marleix, secrétaire d’état à la Défense en charge des anciens combattants, par Claude Estève, maire adjoint : « Le 11 novembre 1918 à 11 heures, les clairons quittaient les tranchées pour sonner le cessez-le-feu.
Toutes les cloches des églises de France se mirent à carillonner pour annoncer la fin de quatre années de cauchemar et de souffrances. »

Georges Delhault a évoqué un peu plus tard les conséquences de la Grande Guerre et les 26 morts du Thillay qui comptait 544 habitants à cette époque. Le nom de chacun a été scandé par les enfants : « Mort pour la France ».
« Faire participer les enfants et le don du drapeau à l’école du Centre est une grande première dont je suis fier, a ajouté le maire. Et d’ailleurs, le département peut l’être aussi car le plus jeune porte-drapeau de France, qui défile ce matin sur les Champs-Élysées, a neuf ans et est originaire de Saint-Gratien. Je souhaite que les autres communes associent également les enfants à ce type de cérémonie car les jeunes sont là pour assurer la mémoire de nos anciens.

Au lendemain de la guerre, chaque commune porte le deuil de ses enfants morts au champ d’honneur.
Dans notre ville, on dénombrera 26 victimes. »

Le cortège revenait devant la mairie pour un dernier hommage. Un pot de l’amitié a clôturé cette longue et mémorable cérémonie, le maire remerciant tout particulièrment les enseignants pour leur participation. Nous y associons M. Félix Tronche, qui a sû mettre en valeur cette belle manifestation.

J.-F. D.
Echo Régional du 14 novembre 2007