Alors qu’une adolescente a trouvé la mort quelques jours plus tôt renversée par un chauffard à Bezons, un nouveau drame de la route a failli frapper le département jeudi matin. Cinq collégiens et leur enseignant ont été heurtés par un automobiliste. Transportés à l’hôpital, ils ne souffrent que de légères blessures, mais le bilan aurait pu s’avérer bien plus grave.

Il était 8 h 30 jeudi, quand les élèves d’une classe de 6e du collège Jean-Vilard à Herblay quittent l’établissement pour leur cours de sport. Accompagnés de leur professeur, ils se dirigent vers le gymnase des Naquettes situé quelques rues plus loin, un trajet qu’empruntent régulièrement les collégiens.

Il fait un vol plané et retombe sur le pare-brise

Mais ce matin, alors qu’ils descendent la rue de Conflans où se situe le gymnase, les élèves et leur professeur se retrouvent bloqués par trois véhicules stationnés sur le trottoir, les obligeant  à descendre sur la chaussée. C’est alors qu’arrive un automobiliste au volant d’une Peugeot 206. N’ayant pas vu les piétons, il fauche Rémi, l’enseignant de 26 ans, ainsi que cinq élèves, trois garçons et deux jeune filles, âgés de 11 à 12 ans.

Le conducteur aurait d’abord heurté une collégienne par le rétroviseur de la voiture qui s’est brisé sur le coup. Il a ensuite percuté le professeur qui a fait un vol plané, avant de lourdement retomber contre le pare-brise du véhicule qui garde les traces du choc, puis les autres élèves.
Arrivés sur les lieux, les hommes du SAMU d’Argenteuil et les pompiers examinent les blessés. Ces derniers se plaignent de douleurs aux jambes, mais également au dos et à la tête. Les six victimes sont transportées au centre hospitalier d’Argenteuil pour subir des examens approfondis. Les élèves et leur professeur ont pu rentrer chez eux dans l’après-midi, présentant simplement des contusions et des entorses.
Le conducteur de la Peugeot 206 était également conduit à l’hôpital, mais pour effectuer des examens différents. Samir, 21 ans, a passé un contrôle d’alcoolémie, ainsi qu’un dépistage de stupéfiants dont les résultas se sont révélés négatifs. Originaire d’Herblay, il a été placé en garde à vue, puis remis en liberté vendredi après-midi.
Dans le cadre de l’enquête menée par les policiers d’Herblay, un expert doit être nommé pour déterminer la vitesse à laquelle roulait Samir au moment de l’accident. Les fonctionnaires doivent également définir pourquoi le jeune homme n’a pas vu le groupe traverser. Il aurait pu être ébloui par le soleil venant de face.

Les automobilistes garés sur le trottoir
également responsables

Joint vendredi par téléphone, le principal du collège Jean-Vilard préférait ne pas faire de commentaires tant que l’enquête de police n’est pas terminée. Il précisait toutefois que cet accident est « un concours de circonstances regrettable. Ce trajet, les professeurs et les étudiants le font régulièrement, et il n’y a jamais eu d’incident. »

Du côté de la mairie, Michel Ferrer, son directeur de cabinet, tient à souligner « que nous avons eu de la chance que ça ne soit pas plus grave. Les enfants sont rentrés chez eux avec des bobos qui n’auraient pas dû avoir lieu, mais ça aurait pu être bien pire ». Ce dernier accuse évidemment le jeune conducteur de n’avoir « pas su être maître de son véhicule », mais ne rejette pas la faute sur lui seul. Pour Michel Ferrer, il y avait également « une cause indirecte, les automobilistes garés sur le trottoir. Les élèves ont été contraints de descendre sur la chaussée à cause d’eux. C’est une zone interdite au stationnement. »
Les propriétaires des trois véhicules  ont ainsi été verbalisés. Toutefois, ils n’encourent pas de poursuites sur le plan pénal

Thomas HOFFMANN
Echo Régional du 21 novembre 2007