Le hall Saint-Martin aux allures de temple bouddhiste, c’est possible. Dès l’entrée, des casiers remplis de chaussures. Pour pénétrer dans l’univers d’Amma, le visiteur doit se déchausser. Une odeur de curry agace le nez tandis que les sons de musique indienne plongent la salle dans une atmosphère paisible. Dès centaines de personnes allongées ou assises sur le sol méditent ou dorment. D’autres se promènent autour des stands où l’on vend des livres de citations d’Amma.

Un mahatma différent

Mais au fait, qui est Amma ? Elle est ce que l’on appelle en Inde, un mahatma. Par définition, il s’agit d’une « grande âme ». Un mahatma est une personne qui comprend les autres et dont la conscience est illuminée. La plupart des mahatmas méditent. Amma, est un mahatma différent, elle va à la rencontre des gens. A l’âge de 14 ans, cette fille de pêcheur étreint une personne qui se trouve dans la détresse. A cet instant, elle comprend que son but sera de faire du bien autour d’elle. Cette décision affectera sa famille puisqu’une femme en Inde ne peut pas étreindre les gens et surtout pas les hommes. Son propre frère tente la tuer pour que la famille ne soit plus la cible des quolibets. Mais petit à petit, on vient par curiosité voir cette jeune fille qui étreint les gens. Des Occidentaux commencent à venir la voir, c’est ainsi que la notoriété d’Amma va se faire. Aujourd’hui âgée de 54 ans, Amma parcoure le monde pour donner son « Darshan » (étreinte).

Sensations étranges

Ce jour-là à Pontoise, c’est comme partout où se déplace Amma : la queue ne diminue pas, chacun veut son câlin. Pour s’approcher d’elle, on avance à genoux. Beaucoup de visiteurs viennent avec des photos de leur famille pour les montrer à Amma. D’autres lui font des cadeaux, colliers de fleurs, roses que l’on peut se procurer sur place… La pratique peut sembler étrange, étreindre une inconnue. L’atmosphère est tellement prenante à cet instant que même le plus sceptique se laisse tenter. Une jeune femme s’approche et confie : « Si vous n’avez pas essayé, il faut absolument le faire. J’étais vraiment réticente à l’idée d’essayer le Darshan. Maintenant je comprend ce que ressentent toutes ces personnes ».

Le Darshan

Des scènes d’émotion intense se déroulent sous nos yeux ébahis.  Des pleurs, des tremblements, des sourires crispés à l’approche d’Amma. Elle sourit à chacun, love le visage dans son épaule droite et murmure des paroles indiennes. L’odeur de ses colliers de fleurs imprègne les vêtements, les cheveux. A la fin de l’étreinte, Amma offre des cadeaux : des bonbons et des pommes. Que l’on croie en sa sagesse ou pas, l’expérience est quoi qu’il arrive troublante.

Agata MADENSKA et Caroline MONTSARRAT
Echo régional du 21 novembre 2007