Malgré ces dénégations, jeudi, l’avocat général requerrait huit ans de prison ferme à l’encontre de Laurent : « Il se présente comme un caïd. Sa responsabilité est énorme, il a engagé des gamins pour son enrichissement personnel, c’était bien lui le leader », lâchait le magistrat au terme de son réquisitoire. L’accusé écopera finalement d’une peine de six années d’emprisonnement. Il comparaissait devant la cours d’assises du Val-d’Oise pour vol en bande organisée.

Le 26 janvier 2004, les policiers avaient interpellé  trois individus à bord d’une camionnette. Elle était étrangement stationnée devant le chemin des Fonds-de-Changy à Vauderlhand. Munis de deux armes de poing et d’un bâton électrique, les trois hommes cagoulés venaient de braquer le conducteur d’un camion de parfums au Thillay, qu’ils avaient ensuite embarqué de force pour le frapper et le séquestrer, tandis que des complices récupéraient le véhicule et sa marchandise. Durant leur garde à vue, Balla, Azzmi et Mohamed, tous trois originaires de Sarcelles, expliquaient avoir été engagés deux semaines plus tôt par un certain Rachid qui aurait organisé ce vol avec séquestration.

Au cours de la même soirée, les policiers arrêtaient Kaci et Sébastien, 21 ans. Le premier originaire de Drancy, le second de Bondy, au volant d’une Clio volée. Des indices trouvés dans le véhicule leur permettaient de faire le rapprochement avec l’autre affaire.
Les deux hommes avouaient rapidement leur participation au braquage, précisant que leur rôle était de bloquer les voies d’accès à la route empruntée par le camion de parfums. Sébastien indiquait que pour sa participation, il aurait reçu 4 500 euros de Laurent qui les avait engagés et supervisés, étant le commanditaire de l’opération.

« Des faits d’une
extrême violence »

Une version que Laurent a toujours niée. Mercredi, il lançait d’ailleurs à la cour être là « pour de mauvaises raisons. Je n’essaye pas de minimiser mon rôle, mais tout ce que j’ai fait c’est trouver deux personnes en échange de 10 000 euros. » Une somme remise par Rachid, que les trois jeunes de Sarcelles présentaient comme le véritable commanditaire de l’opération. Le président Vallée questionne alors l’accusé sur la véritable identité de cet homme, en vain. « Je ne dirai pas qui c’était, c’est sale de balancer quelqu’un. Il a peut être une famille, je ne veux pas la détruire. »
Laurent n’en disait pas plus. Il revenait sur son rôle dans l’affaire qu’il décrivait comme celui d’un simple intermédiaire. « Il lui fallait un pilote, moi je ne sais pas conduire, j’avais juste à trouver deux personnes en échange de l’argent. Je l’ai fait sans rien demander. Je ne savais pas ce qui allait se passer et je n’étais pas sur les lieux au moment des faits. » Une version qui n’aura pas convaincu les jurés de la cour d’assises.

à ses côtés, ses cinq complices étaient également reconnus coupables. L’avocat général avait appelé les jurés de la cour d’assises à ne pas se laisser berner par ces jeunes hommes qui « se placent comme des victimes de la société. Les faits sont d’une extrême violence, c’est une attaque à main armée. » Il requerrait ainsi cinq ans dont trois avec sursis pour Sébastien, mais une peine lourde pour Kaci, « qui a eu un rôle plus important ». Puis six ans pour Mohamed et Balla et enfin sept ans pour Azzmi « qui a exercé des violences inadmissibles sur la victime ». âgés de 21 à 24 ans, les cinq accusés étaient finalement condamnés vendredi au terme de quatre jours d’audience à des peines allant de quatre ans de prison dont trois avec sursis, à cinq ans de prison dont deux avec sursis et mise à l’épreuve. 
                                T. H.
Echo Régional du 21 novembre 2007