Après le maire de Franconville Francis Delattre monté au créneau la semaine dernière pour dénoncer la fermeture dominicale d’Ikea (L’Echo du 14 novembre), c’est au tour de la Communauté de commune Val-et-Forêt d’apporter son soutient à l’enseigne suédoise. Dans un communiqué, elle demande « le maintien de la dérogation préfectorale permettant l’ouverture le dimanche d’Ikea Franconville ».
Vendredi 10 novembre, le tribunal de Pontoise saisi par le syndicat Force Ouvrière, condamnait en effet l’enseigne à fermer le dimanche, comme la loi l’impose. L’astreinte a été fixée à 150 000 euros par infraction, par le juge des référés.

 Une nouvelle victoire pour le syndicat Force ouvrière qui avait déjà obtenu la fermeture, plus ou moins respectée, pour les enseignes Conforama, Alinéa et Casa du Val-d’Oise.

Mais cette condamnation fait largement grincer des dents. Elle était d’ailleurs à l’ordre de l’assemblée générale de la Communauté de communes Val et Forêt de lundi soir. Celle-ci indique apporter « son soutien aux salariés de Ikea qui souhaitent travailler le dimanche. » Mais au delà de l’intérêt porté aux employés du géant de l’ameublement, c’est également un intérêt financier que Val et Forêt tente de défendre précisant qu’il « n’y a aucun raison que les habitants de nos villes et banlieues se voient supprimés la possibilité de faire leur course le dimanche. » Qui plus est, en cas de fermeture définitive, cette clientèle serait reportée sur le samedi ce qui provoquerait « des conditions de circulation dangereuses sur le réseau routier et autoroutier. »

Vers un arrangement ?

La direction de Ikea qui se serait bien passée de cette condamnation à un mois des fêtes de Noël, n’entend toutefois pas faire appel du jugement. Même si le magasin était ouvert ces deux derniers dimanches, le directeur, Christian Bonnard, indiquait en début de semaine dernière ne pas savoir ce qui allait en être pour les semaines suivantes. Il leur faut dorénavant se réorganiser afin d’éviter une trop grande perte du chiffre d’affaire (le dimanche représente 20 % du chiffre d’affaire) au risque de provoquer des licenciements.

Toutefois, il se pourrait qu’un arrangement à l’amiable soit trouvé avec les syndicats. Ces derniers souhaiteraient en effet mettre en balance le poids de l’astreinte pour négocier une hausse des salaires. Ikea payerait davantage ses salariés, mais serait alors libre d’ouvrir le dimanche sans se retrouver sous le coup d’une forte amende.
T. H.
Echo Régional du 21 novembre 2007