François Scellier : « Pour le covoiturage, pourquoi ne pas  nous impliquer dans une communication forte ? »

L’ÉCHO-RÉGIONAL : – Comme président du Conseil général, que pensez-vous du développement du co-voiturage ?

François Scellier : – Je pense que c’est une très bonne idée. Il est dommage d’avoir des voitures vides, avec un seul conducteur alors qu’elles pourraient contenir 4 passagers. Les moyens modernes dont nous disposons, le portable ou internet nous permettent de mieux nous organiser qu’avant. Mais roder une telle pratique reste difficile.

– Le matin, la circulation sur l’A15 notamment est très difficile. Le covoiturage n’est-il pas une urgence pour le Val d’Oise ?

– La véritable urgence est de faire passer dans l’esprit des Français que tout ce qui permet d’économiser l’énergie est favorable à chacun. Alors l’urgence concerne aussi bien le co-voiturage que ne pas laisser la lumière allumée la nuit au bureau. Les Français sont mûrs sur cette question. On ne peut donc pas traiter le phénomène du co-voiturage uniquement sur le chapitre des transports.

– De plus en plus d’initiatives  de covoiturage dans le département sont mises en places, notamment dans la zone industrielle de Saint-Ouen-l’Aumône. Le Conseil général pourrait-il accorder une subvention ou des aides à ceux qui le pratiquent ?

– Nos collaborateurs au Conseil général pratiquent le co-voiturage. Nous nous efforçons donc de faciliter cette pratique. Mais je ne suis pas favorable à accorder des aides. Comme si toutes les initiatives devaient être subventionnées ! Le co-voiturage est une économie pour chacun. En plus du carburant, c’est une économie globale sur les frais de transport. La véritable incitation est là. Que le Conseil général s’implique dans une communication forte qui explique les enjeux de cette pratique, oui. Accorder des subventions, non. L’argent public ne sert pas à cela. Je ne vois pas quels avantages supplémentaires nous pourrions donner aux gens qui font déjà des économies.

– Si vous n’accordez pas d’aides à ceux qui pratiquent le co-voiturage, le Conseil général serait-il prêt à piloter des projets de ce type à l’échelle départementale ?

– Le co-voiturage demande une bonne organisation sur laquelle on n’a pas assez réfléchi.
 
On ne voit pas trop comment piloter un tel projet sur le plan collectif. La seule chose que nous pouvons faire, c’est une initiation nécessaire à l’information de cette pratique. Nous sommes prêts à utiliser le magazine du Val d’Oise pour en informer les Valdoisiens. Le Conseil général peut également inciter les entreprises à s’organiser entre elles par le biais d’une phase d’information générale. Mais au-delà de cette intervention départementale, il faudra que ça se pratique seulement dans les mêmes zones d’activités.

– Le département compte des exemples de co-voiturage. Un site internet vient d’être créé pour cela à Saint-Ouen-l’Aumône. N’est – ce pas un exemple à encourager ?

– Les collègues s’organisent entre eux dans un secteur donné. Le plus important, c’est le déplacement du lieu de travail à l’entreprise et vice-versa. Dans ce cadre là, on peut susciter une prise de contact entre les employés. Il est donc plus facile et plus efficace de s’organiser au niveau des entreprises ou des parcs d’activités que de concevoir une politique départementale..

– Pourquoi une telle pratique départementale ne pourrait-elle fonctionner ?

– Si on commence à organiser une grande bourse départementale, ce sera une usine à gaz. Et cela ne sera pas d’une grande utilité. Trop difficile pour des gens qui doivent s’attendre à l’autre bout du Val d’Oise.

L’exemple précédent montre que deux types de covoiturage peuvent être efficaces : au sein de l’entreprise et dans la même zone d’activité. Si l’on arrive déjà à roder la pratique à ces deux niveaux, ce sera une bonne chose.

Propos recueillis
par Caroline MONTSARRAT
Echo Régional du 21 novembre 2007