Voici quelques mois, des agressions de jeunes filles de la Légion d’honneur avaient défrayé la chronique. Mais il y a encore des progrès à réaliser pour la protection des adolescentes et jeunes femmes en Seine-Saint-Denis. Une enquête menée en 2006 auprès de 1 566 femmes de 18 à 21 ans, travaillant ou vivant en Seine-Saint-Denis, a été présentée la semaine dernière en ouverture des 3es rencontres Femmes du monde en Seine-Saint-Denis. Elle révèle que 23 % des jeunes filles ont subi des violences sexuelles, en majorité dans le cadre familial et des proches. Quatre fois sur cinq, ces agressions ont été perpétrées par un homme connu de la jeune fille victime et les trois-quarts des viols ont été commis par un membre de la famille. Dans l’espace public, 37 % des jeunes filles ont été visées par des insultes.

Pour combattre ces violences, les élus et l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes ont élaboré cinq propositions. Elles ont été formulées par la président du Conseil général, Hervé Bramy :
(1) accentuer la formation et la sensibilisation des professionnels,
(2) améliorer, grâce à un protocole, la prise en charge des jeunes femmes victimes de violences sexuelles,
(3) offrir un meilleur accueil avec des lieux où elles seront protégées,
(4) aider ces jeunes filles à trouver des lieux de soin et d’accompagnement,
(5) lancer enfin une autre enquête auprès des garçons afin de mieux travailler la prévention des comportements sexistes et violents.
« Il n’y a pas en Seine-Saint-Denis plus de violences contre les femmes qu’ailleurs, souligne Gilles Garnier, vice-président du Conseil général chargé de l’action sociale, mais ici, au moins, on a le courage de les regarder pour mieux agir. » Ernestine Ronai, présidente de l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes souligne qu’un tiers des jeunes filles ayant subi des violences risquent de faire une tentative de suicide…