Lundi matin, le suspect dans l’affaire du meurtre d’Anne-Loraine retrouvée  dimanche dans une rame du RER D en gare de Creil (Oise) a avoué être l’auteur des coups de couteau mortels.

C’est depuis sont lit d’hôpital à Gonesse où il a été accepté dimanche que le meurtrier présumé d’Anne-Loraine est « passé aux aveux », a annoncé dans la foulée le procureur de Senlis, Thierry Pocquet du Haut-Jussé. Thierry Dève-Oglou, 44 ans, domicilié à Louvres, a également reconnu la tentative de viol sur sa victime. « Ces aveux restent à confirmer et à détailler », a toutefois précisé le magistrat.
L’affaire confiée dans un premier temps à la SRPJ d’Amiens a été ressaisie par la SR Versailles. Les enquêteurs doivent effectuer des analyses sur les traces de sang retrouvées dans la rame, afin de constater si celui de la victime est mêlée avec celui du suspect. Anne-Loraine avait été retrouvée en gare de Creil (Oise). Son corps pressentait les traces d’une trentaine de coups de couteau sur le haut du corps et trois blessures profondes, dont une au niveau du cœur qui a été mortelle.

Il a tenté de la violer

Il était aux alentours de 10 heures dimanche quand l’homme de 44 ans est passé à l’acte. Ce matin là, peu de monde emprunte le RER D en direction de Orry-la-Ville-Coye. Alors qu’il se retrouve seul avec Anne-Loraine dans une rame, il décide de la violer. Il s’approche de la passagère, et la menace avec son couteau pour qu’elle se laisse faire.
Mais la victime au contraire se débat, et une bagarre éclate. Le Luparien brandit alors sont couteau qu’Anne-Loraine arrive à saisir. Elle le blesse alors à l’arrière du genoux. Mais son agresseur lui récupère l’arme blanche des mains et la poignarde à de multiples reprises.

Grièvement blessé, il descend en gare de Fosses-Survilliers, laissant Anne-Loraine agonisée dans le train. Il rampe jusqu’à l’avenue Henri-Barbuse, où il est aperçu par des passants vers 10 h 45. Ces derniers appellent les gendarmes de la brigade de Fosses pour leur signaler qu’un homme blessé gît sur le sol. Arrivés sur les lieux, les militaires alertent immédiatement les secours. L’homme perd en effet beaucoup de sang, son artère fémorale a été sectionnée. Transporté au centre hospitalier de Gonesse, il déclare avoir été agressé dans le RER D entre les stations de Goussainville et de Survilliers-Fosses.
Les gendarmes contactent le poste de contrôle de la gare du Nord à la recherche de son agresseur. C’est alors qu’ils sont informés qu’une autre agression a eu lieu le matin sur cette même ligne du RER D.
Vers 11 h 50, deux voyageurs sont tombés sur le corps ensanglanté d’une jeune femme en gare de Creil (Oise). Cette dernière portait les traces de nombreux coups de couteaux sur le haut du corps et trois blessures profondes, dont une au niveau du cœur qui a été mortelle. Elle est décédée peu après l’arrivée des secours.

Alors que les explications du Luparien sur l’origine de ses blessures avaient semblé douteuses aux yeux des militaires, ces derniers font le rapprochement entre les deux affaires. En lançant une recherche sur l’individu, ils s’aperçoivent qu’il est fiché comme délinquant sexuel. Ils analysent alors le sang et les cheveux prélevé sur le couteau que détenait le blessé. Le verdict tombe. En effet, l’ADN correspond à la femme de 23 ans retrouvée à Creil, Anne-Loraine.
Opéré dans la nuit, le meurtrier présumé a été placé en garde à vue à son réveil, avant de passer aux aveux.

Condamné en 1996 pour agression sexuelle

L’homme n’en était pas à son premier fait d’arme. En 1996, il avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, par la cour d’assises de l’Oise, pour « agression sexuelle sous la menace d’une arme », sur la même ligne du RER D.
Félicitant la police et la gendarmerie pour leur rapidité à interpeller le meurtrier présumé, Michèle Alliot-Marie a ainsi tenu à insisté sur la « nécessité d’un suivi très strict des délinquants sexuels ».

Une jeune fille exemplaire

Anne Lorraine était élève en master professionnel de journalisme au Celsa (Paris IV Sorbonne). Éleve modèle, elle était aussi passée par l’Institut d’études politiques de Lille et avait commencé ses études secondaires en classe prépa, à la Maison d’Éducation de la Legion d’Honneur de Saint-Denis (classe préparatoire aux grandes écoles de lettres et sciences humaines, Ndlr).

Pendant ses etudes, elle continuait d’ailleurs à travailler dans l’internat de filles. Anne Lorraine était certes en école de journalisme, mais elle était déjà tres professionnelle, douée d’une grande humanité et d’un sens critique aiguisé. Très croyante, elle était aussi très tolérante. Anne Lorraine était une consœur, une amie et presqu’une sœur dans ces institutions, la Maison d’Éducation de la Legion d’Honneur, puis le Celsa.

Une messe sera donnée en sa memoire jeudi a 19 h 30 dans la chapelle de la Maison d’éducation de la Legion d’Honneur de Saint-Denis, à 19 h 30. Samedi ses funerailles auront lieu a Senlis, dans la cathédrale. De nombreux camarades devraient assister à cette cérémonie.

Thomas HOFFMANN et Marine CHAILLOUX