Le jeudi 28 juin dernier, les surveillants de la maison d’arrêt du Val-d’Oise à Osny s’étaient réunis devant la prison pour exprimer leurs craintes et leur colère à la suite d’une succession d’agression. « à tout moment, les détenus peuvent nous mettre des coups de poing, des claques, ou bien nous mordre. L’autre jour, une surveillante enceinte a pris un coup de coude dans le ventre. » expliquait alors Samuel Dehondt, délégué régional FO, réclamant des peines plus sévères pour les détenus auteurs de violence.

Mercredi, l’occasion était donnée de constater si ces réclamations avaient été entendues. Le tribunal de grande instance de Pontoise jugeait en effet Nabil, 28 ans, pour avoir agressé un surveillant le 5 octobre 2005. Le détenu a finalement été condamné à 18 mois de prison ferme.

Il se jette sur lui  et le roue de coups

En arrivant dans la salle d’audience, Nabil était loin d’être désorienté. L’homme détenu à la maison d’arrêt d’Osny, est en effet un habitué du tribunal correctionnel pour avoir été condamné à de multiples reprises depuis 1998. Le 5 septembre 2005, il écopait de deux années d’emprisonnement pour recel de biens. Un mois plus tard il agressait un gardien.
Lors d’un transfert avec d’autres détenus, Nabil demande au surveillant s’il est inscrit au cours de sport. La réponse est négative, ce qui n’est pas du goût du prisonnier qui s’en prend à ce dernier. Selon les témoins, alors que le surveillant tentait de lui expliquer la raison de sa non inscription, Nabil lui aurait sauté dessus puis l’aurait roué de coups avant de le faire tomber dans les escaliers alors que les collègues de la victime intervenaient. Dans l’altercation, un autre gardien avait également reçu un coup de poing, involontaire, de Nabil.
Bilan, fracture de la main gauche pour le gardien agressé qui s’est vu prescrire 35 jours d’ITT.

Du côté de l’accusé, la version diffère quelque peu. Admettant s’être énervé de  ne pas avoir été inscrit sur la liste des participants au cours de sport, il a certes agressé le surveillant, mais verbalement. C’est alors que « les gardiens sont tombés à plusieurs sur moi et je me suis débattu. Je l’ai peut être bousculé sans faire exprès. Mais je n’ai pas frappé la victime. »
Décrit par les autres surveillants comme « un homme violent et agressif », le cas de l’accusé s’aggravait quand, lors de sa plaidoirie, l’avocate de la partie civile indiquait qu’« après les faits, il a agressé trois autres fonctionnaires dans la semaine ! »

« Le respect de l’autorité est une difficulté  récurrente pour l’accusé »

Le procureur de la République soulignait d’ailleurs dans son réquisitoire que « manifestement le respect de l’autorité est une difficulté particulièrement récurrente pour l’accusé. Les différents faits de rébellion le prouvent. » Retenant tout de même une amélioration de son comportement, (Nabil n’a agressé personne depuis le du 5 octobre 2005), il précisait toutefois que « cela n’enlève rien à son acte. La sanction doit prendre en considération la gravité de l’acte, qui en plus se répète, qui plus est sur une personne représentant l’autorité publique. » Il requerrait ainsi dix-huit mois de prison ferme.

Un réquisitoire suivi par la juge qui condamnait également Nabil a verser 17 000 euros d’indemnité à l’agent judiciaire du trésor et délivrait un mandat de dépôt à son encontre.                
T. H.
Echo régional du 28 novembre 2007