Au moment où apparaissaient des preuves de vie de l’otage franco colombienne, la municipalité de Gonesse a inauguré un centre socioculturel baptisé Ingrid Betancourt, en présence de son ex-mari.

Il est 15 heures ce samedi 1er décembre lorsqu’une centaine de personnes, vient participer à l’inauguration du nouveau centre socioculturel, avenue des Jasmins, dans le quartier des Marronniers. L’assistance compt e parmi elle, des associations de soutien à Ingrid Betancourt, des habitants du quartier, Jean Pierre Blazy, maire de la ville ainsi que Fabrice Delloye, ex-mari d’Ingrid Betancourt, retenue prisonnière en Colombie depuis février 2002.

Un centre qui aide

Au programme : lâché de ballons, plantation d’un arbre de « la liberté » et discours très émouvant de Fabrice Delloye, qui voit dans ce choix de la mairie un symbole fort. « Ingrid s’est battue toute sa vie pour donner sa chance à chaque personne, ce centre c’est comme elle, il aide les personnes qui en ont besoin et donne alors à chacun sa chance », explique visiblement ému Fabrice Delloye.
En effet, on découvre un centre consacré aux Gonessiens de tout âge, avec des ateliers d’alphabétisation pour adultes, d’informatiques pour les jeunes et les moins jeunes et des groupes de discussions pour les personnes âgées.
Six ans c’est trop

Selon Jean-Pierre Blazy la dénomination du centre, démontre « le soutien de la mairie pour sa libération ». Mais ce geste fort de la municipalité de Gonesse, n’aurait sans doute pas eu lieu sans la détermination de Lucie Eulalie, étudiante de 22 ans et présidente du Comité de soutien à Ingrid Betancourt. Touchée par la capture de la Franco Colombienne, Lucie créé le comité en mars 2007 et insuffle l’idée du nom du centre social. « J’ai eu un choc, lors de la libération de la journaliste Florence Aubenas, détenue en Irak. Ce jour-là je me suis réveillée en me disant que cinq ans de détention pour Ingrid Betancourt, c’était beaucoup trop », explique la jeune gonessienne. Pourquoi un tel engagement pour Ingrid Betancourt ? Lucie se retrouve sûrement dans le fait qu’elles sont issues toutes deux d’un milieu très modeste.

Une preuve de vie

Aussi l’événement prend une ampleur particulière, avec la diffusion, la veille, d’une preuve de vie de l’otage Franco Colombienne, détenue par la guérilla colombienne. En effet une vidéo de l’ex-candidate à l’élection présidentielle colombienne montre une jeune femme amaigrie, mais bien vivante. Par ailleurs une lettre bouleversante de 12 pages écrite par la Franco Colombienne accompagne la vidéo. Lucie Eulalie en lit des extraits, Ingrid raconte… « Ici nous vivons comme des morts », devant une assistance particulièrement émue.

Fabrice Delloye, raconte avec énergie l’univers de son ex-femme. « Ce n’est pas une femme facile : elle est déterminée et sait ce qu’elle veut. Elle aime la France, pour elle c’est le pays de la liberté ». La France aussi l’aime. Surtout à Gonesse, samedi dernier : « Nous voulons par cette inauguration réaffirmer la grandeur du combat et de l’action d’Ingrid Betancourt », a conclu Jean Pierre Blazy.

    Saïda DJERRADA
Echo régional du 5 décembre 2007