L’association Vie Libre aide les malades alcooliques à se sortir de leur dépendance en leur proposant des travaux manuels qu’ils vendent sur les marchés de Noël comme à Margency le week-end dernier.

Pour montrer qu’ils reviennent au monde dont ils s’étaient marginalisés à cause de l’alcool, les malades aidés par l’association Vie Libre présentaient leurs travaux manuels au marché de Noël de Margency, le week-end dernier. Sur le petit stand, des pulls pour bébé tricotés, des bonnets ou de petites chaussettes. Chaque maille de ces vêtements représente une victoire, contre l’alcool pour montrer que l’on peut s’en sortir.

« Ils ne sont pas  des incapables »

À Cergy, des ateliers de créativité manuelle sont mis en place pour aider les malades alcooliques à retrouver des objectifs au sortir de leur sevrage, à rompre leur solitude et garder un contact avec les autres. « Grâce à ces petits travaux ils se rendent compte qu’ils ne sont pas des incapables », assure Pascal, lui aussi passé par le centre il y a sept ans et aujourd’hui bénévole actif.
Sophie, quand à elle, est abstinente volontaire mais elle connaît bien cette maladie. Des réunions entre malades, abstinents volontaires et sympathisants ont lieu chaque semaine dans les treize permanences valdoisiennes comme Soisy, Eaubonne, Sarcelles, Montmagny ou Cergy-Pontoise. Sophie gère les réunions féminines et constate souvent que les malades n’ont plus confiance en eux.

Être accompagné

« Ces ateliers leurs permettent de réapprendre à se faire confiance. Pour un bonnet, les femmes me disent souvent : « On n’y arrivera pas ». Je leur propose d’essayer quand même et là, elles voient le résultat. C’est un grand pas pour elles et cela les aide beaucoup ».
L’association nationale Vie Libre a été créée en 1953. Depuis sept ans que Pascal a retrouvé le bonheur de vivre sans dépendance, il donne sans compter aux autres qui sont plongés dans un enfer qu’il ne connaît que trop. « On vient à l’association pour soi mais on y reste pour les autres », ironise-t-il en évoquant son parcours. « Seul, ce n’est pas faisable. Aujourd’hui encore je suis malade mais pour continuer mon combat, je sais que c’est alcool zéro ». Et la clé de la réussite c’est être accompagné. Pour que les malades ne restent jamais seuls et inactifs, d’autres ateliers ont vu le jour. Deux fois par mois, le samedi après-midi, les personnes peuvent participer à une séance d’écriture.

« Quitte à aller  les chercher »

« Il faut instaurer ses rendez-vous, assure Pascal. Quitte à aller les chercher. Le déclic doit se faire et nous bénévoles, nous devons être attentifs pour ne pas que les malades décrochent ». Le dimanche matin, des randonnées sont également organisées. Une manière de signifier que la guérison passe avant tout par le corps.
Au réveillon, tous fêteront 2008 dans la joie. « Sans alcool, nous nous amusons aussi. On fait autant que les autres, même mieux qu’avant car on n’est plus dépendant de l’alcool », se réjouit le bénévole.

Caroline MONTSARRAT
Echo Régional au 5 décembre 2007