Le père d’Anne-Lorraine tuée il y a un mois, poursuit son action contre la récidive en interpellant les parlementaires. Il tente d’attirer leur attention avant le projet de loi qui doit être débattue en janvier 2008.

Quelques jours après l’entretien qu’il a accordé, notamment, à L’Echo-Régional, (http://www.vonews.fr/article_2310), le père de la jeune victime revient par un communiqué de presse sur l’action qu’il poursuit contre la récidive.
Le communiqué adressé par la famille débute par la peine toujours présente : « La fête de Noël a été particulièrement éprouvante. Alors que l’assistance reprenait en cœur les chants lors de la messe de la nuit de la nativité dans la cathédrale de Senlis, nous étions partagés entre une grande espérance – celle de savoir notre Anne-Lorraine dans l’intimité du seigneur – et une infinie tristesse », commence le texte adressé mercredi soir. « C’est dans ces jours marqués par les rendez-vous familiaux qu’on ressent le plus les absences et les places vides. Anne-Lorraine est si présente dans la maison familiale par une multitude de détails; »
Philippe Schmitt poursuit ensuite en rappelant son combat : « Comme je m’y suis engagé auprès de son cercueil, je me suis activé pendant ce mois de décembre en commençant à rencontrer des associations de victimes, des parlementaires, des politiques. », Précise-t-il, sans oublier de saluer le travail déjà effectué : « Je remercie dès à présent ceux d’entre vous qui m’apportez votre soutien en interpellant leur député et leur sénateur. »
Le chef de la famille décrit ensuite son action au quotidien depuis un mois. « Le dialogue est poli mais difficile. Je parle de protection des jeunes filles et femmes. De prévention à l’encontre de récidivistes potentiels mais repérés, on me répond réinsertion, libération conditionnelle, étant entendu que ceux-ci ne conçoivent plus de conserver à perpétuité des détenus condamnés même très dangereux », s’indigne t-il. « D’ailleurs la discussion en commission du projet de loi dont le parlement débattra début janvier est édifiant », précise t-il, y joignant une copie du rapport parlementaire (relatif à la rétention de sûreté et à la déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental.)
 
" Je vais bientôt agacer"

Dans son communiqué, le père d’Anne-Lorraine donne exemple de deux questions qui soulèveraient une certaine gêne des élus alors qu’il assure être « certain de la réponse si ces questions étaient posées directement à l’opinion publique. »  La première question posée est : « Les "experts" ne doivent -ils pas être responsables de leurs diagnostics comme les autres médecins et les juges d’application des peines de décisions mettant autrui en danger ? ». La seconde : « Ne peut-on pas remettre en cause le principe des réductions de peine ou des mesures de libération conditionnelle pour les récidivistes. C’est cela, à mon avis, le principe de précaution : donc un meurtrier condamné à 25 ans de détention par une cour d’assises doit effectuer vraiment 25 ans. »
 
Réaliste, Philippe Schmitt a conscience que son combat est difficile. « Au-delà des mots convenus et de l’émotion, je suis très moyennement optimiste et je vais bientôt agacer. Je ne suis pas sûr qu’il existe une volonté et le courage pour prendre cette question à bras le corps », avant de conclure très pessimiste, « Les délinquants sexuels récidivistes peuvent être tranquilles, ils ont encore de beaux jours en perspective. Ce n’est plus le cas d’Anne-Lorraine. »

Fabrice CAHEN (L’Echo-Régional)