Au-delà du cliché rependu de club de quartier qu’on lui donne, il est devenu un acteur social incontournable dans le milieu associatif. Du côté sportif il fait ses preuves avec des athlètes cadets et juniors qui accèdent régulièrement aux podiums nationaux. Escales Argenteuil est plus qu’un simple club sportif comme l’explique Ahcene Goudjil, son manager général.

L’ECHO-REGIONAL : – Ahcene, pouvez-vous nous rappeler l’historique du club d’Argenteuil qui a fêté ses dix ans en 2007.

Ahcene GOUDJIL : – « Après 10 ans passés à l’US Argenteuil, je suis parti en 1990 au club de Boulogne-Billancourt. Mon frère Nordinne m’y a rejoins pour 5 saisons. Après neuf ans à l’ACBB nous sommes allés évoluer au club de Poissy. Nordinne a également passé 3 saisons au COM Argenteuil. Après ses années individuelles, nous avons souhaité lancer notre club à Argenteuil. L’association a commencé autour de quelques ceintures noires avant que les athlètes quittent à leur tour Escales. Cela représentait une trentaine de judokas seniors. Parallèlement notre idée de club formateur se constituait avec des jeunes licenciés. Nous avons ensuite pris l’option de nous consacrer davantage à ses jeunes, plutôt qu’aux athlètes seniors qui évoluaient occasionnellement au club et uniquement pour la compétition. Nous avons vraiment lancé le club vers 2001. Il se structurait par des cours adaptés. Deux puis trois fois par semaines, qui nous ont conduits à lancer les combattants juniors d’aujourd’hui. Au commencement il y avait 90 licenciés dans une commune qui comptait déjà 3 autres clubs. En quatre saisons nous avons atteint le nombre de 400 licenciés. Faisant de lui l’un des 100 premiers de l’Hexagone.

– Escales est des clubs vitrines de la Ligue de judo. Il est également connu comme un partenaire du développement social dans les quartiers.

Les licenciés sont en majorité issus des quartiers de la ZUP mais également d’autres quartiers d’Argenteuil. Aussi bien des Coteaux que du centre-ville. C’est un club qui représente bien la population argenteuillaise. C’est aussi une de nos réussites. Des l’origine nous avons axé sur l’accès social. Aujourd’hui encore le club participe à l’action civique en allant au-devant de jeunes désorientés. Et déjà, les étudiants du club donnent de leur temps pour aider des jeunes à trouver une voie par le sport. Cela s’inscrit dans l’orientation du club.

– Justement en terme d’orientation, depuis trois saisons, Escale est devenu la référence départementale dans le judo. Les podiums se succèdent. Parmi vos projets connus il y aurait la création d’une équipe de première division. Vous visez l’élite nationale, n’est-ce pas trop ambitieux ?

L’idée n’est pas de rivaliser avec l’élite nationale, mais de s’inviter à la compétition au très haut niveau. Dès l’an prochain nous pensons lancer une équipe disposez à se qualifier en première division. Atteindre le podium de deuxième division, pour ensuite atteindre les 16 meilleurs n’est pas un défit prétentieux. Une équipe féminine peut se lancer au sein du club. Il y a déjà des judokas évoluant en groupe France cadets, d’autres formés en pôle, un autre à l’INJ. Rappelons qu’en 2007 nous avons décroché 14 podiums en tournoi Label A. La première division est une aventure que nous pouvons tenter.

– Mais comment comptez-vous faire pour garder vos meilleurs compétiteurs, alors que les autres clubs ont du mal à les conserver ?

C’est un point sur lequel nous travaillons à la base, en concertation avec les parents. Adhérer au club c’est aussi s’investir pour son avenir. Les jeunes compétiteurs cadets-juniors doivent devenirs les entraîneurs de demain. Et puis il y a l’esprit de compétition qui doit être un formidable outil pour l’avenir. La rivalité c’est aussi la clef du succès. Des cadets et juniors se révèlent au grand public, que déjà des minimes s’annoncent autant, voir plus fort encore. La question de garder les athlètes, n’est pas vraiment de notre quotidien. Le but est d’en former d’autres et encore d’autres et pour la plus part de leur donner un avenir. Un moyen d’évoluer socialement. Ensuite nous jouons sur la proximité. Evoluer dans un autre club demande plus d’investissement. Il n’y a pas que les clubs phares Franciliens pour se créer un avenir ou pas de champion.

– Aujourd’hui, votre club a fait ses preuves. Il est reconnu des collectivités locales, ville d’Argenteuil, département Conseil général, Etat DDJS. Quelles sont vos revendications auprès des institutions ?

Nous avons besoin d’aide de leur part. Notre action de développement du sport au plus haut niveau à un coût. Nous sommes bien aidés heureusement. Nous avons la plus importante subvention au niveau local et le Conseil général a augmenté notre enveloppe de 9 000 à 20 000 euros. La DDJS nous soutien à travers un dispositif signé en décembre 2006 et qui nous inscrit dans un programme d’aide au club des quartiers en zone "dites" sensibles. A travers cette action nous avons réussi à fidéliser des jeunes au club. Plus de 60 d’entres eux sont des pré-ado. A Escales, il y a déjà tout à domicile ou presque, si le club pouvait disposer de meilleur équipement permettant de partager les temps d’entraînements. Le club est victime de son succès. Il y a une affluence telle que la gestion des cours est difficile. Disposer d’un meilleur équipement c’est notre première revendication. La salle du gymnase Coubertin devient étroite. Au niveau des institutions l’aide est à la hauteur de nos besoins actuels. Mais nous manquons d’infrastructure.

– Quels sont vos vœux pour 2008 ?

Poursuivre une formation de qualité pour nos jeunes. Aider les meilleurs à devenir encore plus fort dans leur envie de gagner. Continuer à briller sur les compétitions. Faire du club une vitrine d’Argenteuil et du département.

Recueillis par Fabrice CAHEN