ENGHIEN-LES-BAINS
Une année au Centre des arts sous le signe de l’Histoire

Les expositions sont orientées sur les arts visuels, le théâtre oscille entre danse et musique et le cinéma devient un espace de pensée et de culture. Voici la politique du Centre des arts d’Enghien-les-Bains. Ouvert depuis 2003, c’est un lieu d’échanges. L’art y est décloisonné et les parcours interdisciplinaires. Le spectateur peut donc y piocher à sa guise, selon ses envies.

L’exigence
du public a changé

Pour le directeur Dominique Roland, l’articulation entre les différents modes d’expression est l’élément clé de la programmation. « Le théâtre doit-il rester théâtre ? Le musée, musée ? ». Autant de questions qui montrent qu’aujourd’hui, l’exigence du public a changé. « Au XXe siècle, nous devons être en résonance avec ce que vit le monde. Ce lieu doit être ancré dans le territoire valdoisien, tout en s’ouvrant sur le monde ».

Interaction
avec le public

À Enghien, il faut savoir voyager. Il faut aussi savoir créer et s’ouvrir aux nouvelles technologies. L’art ne s’enferme plus. Il ne s’adresse plus seulement aux initiés. Désormais, le public peut se permettre de proposer, de programmer, de guider. « Le spectateur devient actif, suggère le directeur. Naît alors un autre rapport avec l’œuvre. Nous avons choisi de mettre l’accent sur les interactions entre les arts et le public ». Une autre manière d’envisager la création artistique. Un pari que s’est lancé le Centre des arts. 
À l’image de cette politique, le Vista Alegre Café se réunira les 22 et 23 février pour proposer un concert de musique cubaine inédit. Ces musiciens tout droit sortis du Buena Vista Social Club se livreront à une performance poétique et improvisée. « Selon la voie et les sons, la lumière changera. Et vice versa. Le musicien reproduira la lumière que l’on projettera sur son instrument ».
Ainsi, l’art s’approche avec tous ses sens. Des sens qui justement  ,sont sollicités là où l’on ne s’y attend pas. « Ce qui importe, c’est le regard », précise Dominique Roland. Désormais, les œuvres se modifient, s’effacent et réapparaissent différentes.

Entre
contemporain et passé

« Notre manière d’écrire change. Toute la question est donc de savoir comment montrer une œuvre. Comment la faire vivre ». L’année 2008, sera sous le signe de cette rencontre singulière entre la création contemporaine et l’Histoire. Les œuvres seront confrontées les unes aux autres. Le 23 janvier s’ouvrira un cycle consacré au réalisateur Ettore Scola. Exposition, interview du scénariste et cycle cinéma vous permettront de découvrir cet univers. Tout en donnant une touche contemporaine à l’ensemble. « On ne montre pas un film des années 70 ou 80 comme on l’aurait projeté à l’époque ». Les nouvelles écritures dialogueront donc avec ces œuvres du patrimoine.

« Notre manière
d’écrire change »

Programmation audacieuse,  éclairage inédit sur la création contemporaine, décloisonnement de l’art. En guise de reconnaissance, le Centre des arts vient d’être labellisé scène conventionnée numérique par le ministère de la Culture et de la Communication. « Nous menons une réflexion sur la place que prend l’écriture numérique aujourd’hui », souligne le directeur, conscient que numérique ne rime souvent qu’avec le dernier ipod.
L’art et la science deviennent incontournables. On parle alors de réalités virtuelles, d’écritures numériques. « Pour nous ce n’est pas une application mais un outil que l’on utilise comme une technologie pour proposer des œuvres ». Autrefois, pinceaux et palette faisaient l’affaire des artistes. Aujourd’hui, le geste est numérique, la touche futuriste. Tout en gardant une relation avec les maîtres de l’histoire de l’Art.

C. M.
Echo Régional du 9 janvier 2008