En 2003, Jean-Louis Borloo définit le programme national de rénovation urbaine comme le chantier du siècle. Sont concernés des quartiers périphériques longtemps délaissés où se concentrent difficultés urbaines, sociales et économiques. Il s’agit alors de changer le visage de ces lieux et d’y relancer l’activité en rénovant équipements publics, habitations et commerces.

259 logements  concernés

À Montmagny, il y a une particularité. La zone concernée par ce programme n’est ni un quartier périphérique, ni une zone secondaire mais bien le centre-ville. Après trois ans de travail et de discussion, un dossier sur la rénovation du centre ville  de Montmagny a été déposé à l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), le 14 janvier 2005. De tels chantiers sont fréquemment signe de démolition et font peur aux riverains. À Argenteuil, les projets de l’ANRU sont source de tensions entre locataires et élus, dans le quartier Joliot-Curie notamment. Les villes considérées comme sensibles, Argenteuil, Garges-lès-Gonesse et Sarcelles sont prioritaires. Pour les autres, comme Montmagny, l’instruction est plus longue. En 2006, la commune de plus de 13 000 habitants a du revoir son projet considéré comme trop lourd. « L’ANRU souhaitait que l’on fasse émerger un cœur de projet », se souvient le maire, Michel Roy. Le 23 octobre 2007, une réunion valide finalement l’ensemble du projet initial qui comporte deux étapes. La première phase considérée comme le cœur du projet est prévue entre 2008 et 2013. « Soixante-douze logements des immeubles autour de l’église seront déconstruits. Les commerces rouverts ». Entre 2014 et 2019, les grandes tours seront démolies, soit 157 logements. À Montmagny, 259 appartements sont donc concernés par l’opération de rénovation urbaine.
« Nous souhaitons recréer un cœur de ville autour de l’église et favoriser le commerce de proximité. Dès la première phase nous voulons faire émerger le cœur du projet », précise l’édile. Les futurs immeubles ne dépasseront pas trois étages. À leurs pieds, des commerces s’installeront. Aujourd’hui, seuls les rideaux de fer accueillent les habitants, la supérette est perdue au fond de la cité. « 2100 m2 de locaux sont disponibles. Nous ferons revenir en centre ville une supérette de 1100 m2 intégrant une boucherie ». À terme, la Poste et une banque seront déplacées et intégrées aux commerces. « Même une maison de la petite enfance y sera construite pour regrouper tous les services ». Et ce, dans la première phase du projet.

Les relogements  à la mi-avril

Courant janvier, Michel Roy défendra le projet de rénovation du centre ville devant les instances de l’ANRU. C’est ensuite que tous les partenaires, la municipalité, le bailleur et l’Agence nationale se réuniront pour rédiger la convention. « Tous les services seront représentés. On évaluera chaque action », préciset-il.
À la mi-avril, les déconstructions commenceront. Avant, le bailleur 3F livrera 19 premiers logements, rue de la Jonction. Les relogements se feront ensuite en fonction des reconstructions. « Chaque Magnymontois touché par les démolitions aura une solution de relogement sur le centre ville », assure l’édile. Pour accompagner au mieux ces changements, Michel Roy souhaite ouvrir un bureau d’écoute, « peut-être dans l’ancienne rotonde. Il s’agirait d’un point d’accueil général où les résidents et le bailleur pourraient dialoguer ».
Tout l’enjeu du projet est de faire participer les habitants sans leur imposer une décision. « Je souhaite qu’ils fassent des propositions, au sujet de l’architecture des nouveaux immeubles ou des plans de construction, qu’ils soient présents autour de la table, qu’ils prennent des initiatives ». Certains habitent depuis toujours dans le quartier. Un travail sur la mémoire des lieux est donc envisagé. « Il ne s’agit pas de détruire seulement sans garder de traces historiques. Les personnes pourraient écrire ce qu’elles ont vécu, faire un film », propose déjà l’élu. Autre engagement, « les promoteurs devront embaucher sur leur chantier 15% de Magnymontois ».
Caroline MONTSARRAT
Echo Régional du 9 janvier 2008