Enghien-les-Bains : un octogénaire tue  sa femme à coups de marteau

Dans des circonstances et pour des raisons qui restent indéterminées, Michel, 84 ans, a asséné trois à quatre coups de marteau mortel à sa femme Gilberte, 87 ans, mardi soir. Il a été mis en examen pour meurtre.

Une profonde dépression. Telle pourrait être la raison du geste de Michel. Âgé de 84 ans, l’octogénaire a tué sa femme de 87 ans mardi soir, en lui assénant plusieurs coups de marteau sur la tête dans leur appartement d’Enghien-les-Bains. Présenté devant le juge d’instruction jeudi, Michel a été mis en examen pour meurtre. Le parquet de Pontoise a également requis son placement sous mandat de dépôt.

Il est 20 h 30 mardi soir lorsque les policiers d’Enghien-les-Bains reçoivent un appel d’un homme leur avouant qu’il vient de tuer sa femme. Immédiatement, les fonctionnaires se rendent au domicile de ce dernier au 29 rue Paul Delinge, au cœur d’une zone pavillonnaire non loin du centre ville. Dans l’appartement situé au 1er étage, ils tombent sur le corps de Gilberte, 87 ans, allongée face contre sol dans le salon. Les médecins du SAMU tentent de la ranimer, en vain. La victime présentant une importante plaie à la tête, est morte. Prostré dans son coin, Michel avoue aux policiers qu’il vient de tuer sa femme de plusieurs coups de marteau.
Les différentes auditions du retraité n’auront pas permis de faire la lumière sur le déroulement exact des faits. Il semblerait que Gilberte était assise dans un fauteuil du salon quand son mari l’a subitement frappée avec l’outil. L’autopsie réalisée jeudi a confirmé que la victime est décédée des suites de trois ou quatre coups de marteau portés à la tête. Un geste que Michel a imputé à de gros problèmes financiers. L’enquête a pourtant conclu que le couple ne rencontrait pas de difficultés de ce type. La raison pourrait alors être d’ordre psychologique. La famille a en effet indiqué que le vieil homme était de plus en plus renfermé sans doute déprimé.

Un couple
« très gentil et discret »

Dans l’immeuble de la rue Paul Delinge, c’est avec stupeur que les voisins ont accueilli cette nouvelle. « J’ai vu les pompiers quand je suis rentré hier soir (Ndrl : mardi) mais je n’aurais jamais imaginé ça », raconte d’un air déconcerté Frédéric qui occupe l’appartement voisin. Le père de famille parle d’un couple « très gentil et discret », des mots qui reviennent en boucle dans la bouche des autres résidants. « Tout le monde les croissait, mais personne ne les connaissait vraiment », explique un locataire du 5e étage. « Ils disaient toujours bonjour, ils avaient une bonne tête », lâche la gorge serré une habitante du 3e.
Ancien gardien de l’immeuble, Michel continuait à l’entretenir en faisant souvent des petites réparations. « Un jour j’ai même fait appel à lui pour un problème de plafond qu’il m’a réglé », se souvient Frédéric. Ce dernier précise également que le couple recevait régulièrement la visite de leur fille et de leur petits-enfants.
Personne ne les a jamais entendus se disputer ou avoir une quelconque altercation. Mieux, avec sa femme, ils étaient régulièrement aperçus prenant leur voiture pour aller faire des courses où se balader, toujours en couple. « Il était très attentionné et prenait soin d’elle lorsqu’elle était prise de malaise », raconte une habitante.
Toutefois, certains voisins auraient expliqué que ces derniers mois Michel semblait avoir de plus en plus de mal à supporter sa femme, la devançant de deux mètres lorsqu’ils sortaient, et grommelant alors qu’elle ne marchait pas assez vite à son goût.

Thomas HOFFMANN