Au moment où est dévoilé à l’Elysée le plan pour les banlieues de Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre BLAZY, maire PS de Gonesse, écrit à Fadela Amara pour dénoncer la suppression des crédits des "Ateliers Santé Ville" dont les missions sont notamment de mettre en oeuvre pour les publics les plus défavorisés des programmes de vaccination gratuite, de dépistage du cancer du sein, un accompagnement des personnes âgées isolées…

Pour le maire de Gonesse les annonces qui doivent être faites aujourd’hui à l’Elysée en faveur de la banlieue « à grand renfort médiatique »  manquent « singulièrement de crédibilité au regard de la réalité observée sur le terrain ».

Jean-Pierre Blazy prend l’exemple de l’Atelier Santé Ville de Gonesse créé en 2004 et confronté à une suppression de crédits. Un dispositif qui a permis la promotion du dépistage du cancer du sein et du cancer colorectal, la coordination des campagnes de vaccination gratuite, un plan de veille sanitaire et de solidarité auprès des personnes âgées isolées ou encore la participation à l’ouverture d’une Maison des adolescents.

«  La précarité et la faiblesse de l’offre de soin de médecine libérale constituent des obstacles importants pour les habitants de notre territoire dans l’accès aux soins, écrit Jean-Pierre Blazy, maire PS de Gonesse, à Fadela Amara.

A Gonesse la population à bas revenus allocataire de la CAF atteint 15,8%. 2 824 personnes bénéficient de la CMU – CMUC et 400 de l’AME. En outre, la densité de médecins spécialistes n’est que de 38 pour 100.000 habitants alors que la moyenne départementale s’établit à 140. Sur les 1 169 enfants qui ont participé au programme de dépistage bucco-dentaire, 67% nécessitaient des soins.

« Depuis 2007, les nouveaux critères d’éligibilité du Fonds Social Européen ne nous permettent plus de prétendre à ces crédits qui finançaient les Ateliers Santé Ville à hauteur de 50% du coût total du projet. Aujourd’hui, vous faites le choix de ne plus financer les Ateliers Santé Ville et vous nous demandez d’inclure ce projet dans l’enveloppe contractualisée par la signature du Contrat Urbain de Cohésion Sociale le 14 mars 2007 , souligne Jean-Pierre Blazy. Pour l’année 2008, nous avions déjà prévu une baisse du budget de l’Atelier Santé Ville en raison de l’absence de FSE, nous envisagions de solliciter l’Etat sur les crédits dédiés aux Ateliers Santé Ville pour un montant de 24 000€. De plus, les 12% de réserve de précaution imposés sur le montant de l’enveloppe CUCS – 272 500 € – constituent en réalité une baisse de crédits qui remet en cause les engagements pris par l’Etat il y a moins d’un an lors de la contractualisation du CUCS avec la Ville de Gonesse ».

Et l’élu de conclure : "la Ville de Gonesse, elle, est déterminée à tenir ses engagements. Elle présentera une programmation CUCS 2008 sollicitant l’Etat sur les crédits Politique de la Ville à hauteur de 272 500 € et pour le co-financement de l’Atelier Santé Ville à hauteur de 24.000 €".

O.Z.