Ils occupent des maisons dont plus personne ne voulait. Une vingtaine de squatteurs riverains de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle sont aujourd’hui menacés d’expulsion. La plupart vivent ici depuis plus de vingt ans.

Dans les rues d’un village devenu fantôme, le visiteur ne croise quasiment personne, s’étonne des fenêtres murées et des maisons effondrées. Pourtant, au bout des pistes de Roissy, cinq familles ont choisi d’occuper des maisons désertées. Elles ont reçu leur assignation à comparaître le 16 mai devant le tribunal de Pontoise. Ces maisons où plus personne ne voulait vivre sont devenues au fil des ans propriétés d’Aéroports de Paris. Avec l’extension de l’aéroport, ADP a racheté progressivement à partir des années 1970 environ deux cents maisons, mais ne les a jamais entretenues. Peu à peu les squatteurs se sont installés puis ont retapé les maisons. « J’ai rénové pour 7000 euros de travaux », précise Denise Hego. « Mes enfants sont scolarisés dans la commune. Il est hors de question que je quitte cette maison, sauf si on me propose un logement à loyer modéré, mais la mairie m’a fait savoir qu’il y a une attente de 36 mois », ajoute cette dernière.

Après avoir fermé les yeux pendant des années sur la situation, ADP veut aujourd’hui céder ce patrimoine à la ville pour 1 € symbolique. L’entreprise prévoit une enveloppe de 2,3 millions d’euros dans le but de réhabiliter le site. Ce dossier était d’ailleurs l’un des enjeux des élections municipales. « On a proposé plusieurs fois à ADP de payer un loyer. On s’est dit que ça arrangeait tout le monde, mais on n’a jamais eu de réponse », commente Nathalie Eude. La pilule est d’autant plus difficile à avaler pour les squatteurs car ils paient une taxe d’habitation, ont le téléphone, l’eau et l’électricité. « Nous nous contentons d’appliquer la loi », rétorque-t-on à ADP. Du côté de la municipalité, le maire UMP Antoine Casula, n’a pas souhaité s’exprimer.

Le reportage à voir dans le JT de VOtv de ce mercredi 9 avril.

Christophe Obry