Acquittée, Lydie Debaine, mère de famille qui a tuée sa fille de 26 ans lourdement handicapée en mai 2005, est repartie libre hier soir du tribunal de Pontoise. Alors que l’avocat général requérait une peine « symbolique » de trois ans de prison avec sursis, les jurés sont allés plus loin en choisissant l’acquittement.
 
 
C’est une décision suffisamment rare pour être soulignée. Emus par l’histoire de la famille Debaine et de leur fille handicapée depuis une méningite contractée à la naissance, les jurés ont déclaré Lydie Debaine, non coupable d’homicide volontaire, décrit comme un « acte d’amour » par l’avocate de la défense. Lourdement handicapée, Anne-Marie « souffrait trop. » Et c’est bien à la souffrance de sa fille que Lydie Debaine a voulu mettre fin. A la sortie du tribunal elle expliquait que ce n’était pas le manque de structure adaptée à son unique fille qui avait guidé son geste.
 
Un acquittement qui fait débat
 

La décision du jury populaire après deux heures de délibéré interpelle. Compassion face au désarroi d’une mère de famille, qui a passé 27 années à s’occuper de sa fille, contexte du débat sur l’euthanasie avec la récente affaire Chantal Sébire, les raisons de la décision des jurés peuvent être multiples. La justice française est généralement clémente avec les parents meurtriers de leur enfant handicapé, prononçant souvent des peines avec sursis comme le réclamait l’avocat général. Cette fois-ci, Lydie Debaine est acquittée, une décision très rare dans ce type d’affaire. La dernière fois c’était en 1994. La Cour d’Assises du Finistère avait acquitté un père qui avait tué son fils handicapé mental en le poignardant.

Le parquet de Pontoise a annoncé jeudi qu’il ne ferait pas appel de la décision d’acquittement.

Adrien Hilpert