L’ACNUSA (Autorité de Contrôle des Nuisances Sonores Aéroportuaires) a remis hier son rapport annuel 2007. Si elle se félicite des premières applications du Grenelle de l’environnement concernant les nuisances sonores, elle estime que ces mesures restent insuffisantes. Par ailleurs, le président du Conseil Général du Val d’Oise, Didier Arnal, a annoncé qu’il interpellera le gouvernement sur ce dossier.
 
La réduction des nuisances sonores au voisinage des aéroports a été annoncée comme un « objectif prioritaire » du gouvernement lors du Grenelle de l’environnement. Cette annonce fait écho au discours tenu par Nicolas Sarkozy lors de l’inauguration du terminal S3 de Roissy (voit JT du 26 juin 2007). Le chef de l’Etat avait alors déclaré : « On peut développer Roissy et mieux protéger les riverains. Il existe des dizaines de solutions concrètes pour cela. »
 
Des mesures insuffisantes
 
Pourtant, s’agissant de l’aide à l’insonorisation, l’ACNUSA estime que « les mesures annoncées restent encore insuffisantes compte tenu de l’objectif à atteindre ». L’autorité déplore également quelques retards dans l’amélioration des connaissances scientifiques des effets du bruit sur la santé. « Il est temps que l’étude « Discussion sur les Effets du Bruit des Aéronefs Touchant la Santé » (DEBATS) commandée par le ministère de la santé soit enfin lancée » dénonce l’ACNUSA dans son rapport.
 
Elle réclame également des compensations financières pour les villes subissant les nuisances sonores. Pour elle, « il n’est pas acceptable que certaines communes subissent des nuisances sonores et des contraintes d’urbanisme sans bénéficier des retombées économiques et fiscales de l’aéroport. » Elle demande donc à l’Etat d’intervenir pour éviter ces inégalités territoriales.
 
Didier Arnal s’empare du dossier
 
Dans un communiqué, Didier Arnal annonce qu’il « interpellera prochainement le Gouvernement sur le dossier des nuisances sonores ». Il dénonce au passage le « faible impact des mesures sur la maîtrise des nuisances aériennes qui ne cessent d’augmenter » et notamment « l’abandon en 2002 d’un troisième aéroport en Ile-de-France ». Cet abandon a fait perdre six années selon Didier Arnal.
 
Enfin il conclut son communiqué pointant du doigt ces hésitations qui ont entraînées « une progression constante et non maîtrisée du trafic aérien avec prochainement 750 000 mouvements à Roissy. »
 

Ainsi, selon l’ACNUSA, un avion survole le Val d’Oise toutes les 30 secondes.

Adrien Hilpert