Alors que le parquet de Pontoise a annoncé jeudi dernier qu’il ne reviendrait pas sur l’acquittement de Lydie Debaine, cette mère qui avait noyé sa fille handicapée en mai 2005, le procureur général de la Cour d’Appel de Versailles a annoncé ce jeudi sa décision de faire appel.  
 
Le débat sur la décision du jury populaire de Pontoise d’acquitter Lydie Debaine, alors que l’avocat général avait réclamé la peine symbolique de trois ans de prison avec sursis, n’est pas terminé. De nombreuses personnalités s’étaient émues de l’acquittement prononcé à Pontoise car il impliquait l’innocence de cette mère, qui avait pourtant reconnu son acte. Par ailleurs cette décision de justice pouvait apparaître pour certains comme un encouragement à tuer. En mai 2005, Lydie Debaine avait noyé dans une baignoire son unique fille de 26 ans, handicapée depuis l’enfance et invalide à 90%, après lui avoir donné plusieurs cachets d’anxiolytiques.
 
Pardon ou innocence ?
 
Dominique Coujard, président de la Cour d’Assises à Paris, s’était exprimé sur Lci.fr, le site internet de la chaîne d’information, expliquant sa préférence pour une peine symbolique synonyme de pardon. « Pardonner un acte, c’est intégrer son auteur dans la société, alors que le déclarer innocent c’est dire que l’acte n’a pas eu lieu, qu’il n’existe pas. Que vaut-il mieux : la culpabilité et le pardon, ou bien l’innocence ? » interrogeait-il le lendemain du jugement. La question se posera donc de nouveau avec la décision de la Cour d’Appel de Versailles.
 

Adrien Hilpert