Vendredi, le Tribunal de Grande Instance de Pontoise a décidé de nommer un médiateur au sein de la société Sofrabrick, occupée depuis le 14 mai par une soixantaine de salariés sans-papiers. Une décision de justice destinée à faire baisser les tensions.
 
 La nomination d’un médiateur à la société Sofrabrick arrive à point nommé. Vendredi, la tension était palpable aux environs de l’entreprise et même devant la mairie de Gonesse. Les salariés sans-papiers en grève depuis le 14 mai ont vu les non grévistes et la direction de Sofrabrick, accompagnés du député Yanick Paternotte manifester à leur tour. L’occasion pour le maire de Sannois d’exprimer son point de vue au Parisien : « Ce qui m’importe, c’est de sauver l’entreprise. Même si je soutiens l’idée d’une régularisation au cas par cas avec équité et humanité. Les vrais fautifs, ce sont ceux qui fournissent les faux papiers d’identité pour quelques centaines d’euros… » Ces propos font suite aux déclarations de Jean-Pierre Blazy dans un communiqué qui pointait des « négligences dans le recrutement. » (lire le précédent article)
 
Cette déclaration « a déclenché une colère du personnel non gréviste solidaire de leur direction » indique Claude Tibi, conseiller municipal d’opposition qui souhaite que le maire « précise sa position sur ce dossier plus clairement. »
 
« Faciliter la sortie de crise »
 
Dans ce contexte, le maire de Gonesse, Jean-Pierre Blazy a reçu en fin de journée les salariés non grévistes. Après avoir mis en cause la direction pour son recrutement, le socialiste a tempéré ses propos et « se félicite de la nomination d’un médiateur qui permettra d’avancer vers la résolution du conflit. »
 
« La municipalité soutient l’ensemble des salariés qui font tous face aujourd’hui à des situations difficiles. Elle réaffirme son attachement à une fin de conflit qui permette à tous les salariés, avec ou sans titre de séjour, et à l’entreprise de reprendre leur activité normale. Elle appelle à l’apaisement et à la solidarité entre les travailleurs afin de faciliter la sortie de crise » indique la mairie dans un communiqué.
 
La situation actuelle de Sofrabrick serait donc « le résultat d’une politique migratoire incohérente menée par l’Etat. » Pour Jean-Pierre Blazy et son équipe « les objectifs quantifiés de reconduction à la frontière ont été fixés au mépris des situations individuelles, des efforts d’intégration à la société française et des besoins de main d’œuvre. »
 
Enfin la municipalité de Gonesse « souhaite le que médiateur fasse toute la lumière sur le nombre exact de salariés sans papiers qui ont travaillé et travaillent encore chez Sofrabrick, que son examen de la situation permette d’en comprendre les causes et d’en identifier les responsabilités. »
 
Une nouvelle audience concernant la légitimité du piquet de grève doit avoir lieu aujourd’hui au tribunal de Pontoise.
 

Adrien Hilpert