Vendredi le conseil général a voté un réajustement du budget 2008. Pour la nouvelle majorité, ce nouvel emprunt de 20 millions d’euros supplémentaires est dû à une sous évaluation des dépenses obligatoires par l’ancienne majorité. Cette dotation doit permettre la mise en œuvre des mesures annoncées par la nouvelle majorité.
 
La situation économique du département est délicate. Avec une dette de 512 euros par habitant au 31 décembre 2006, le Val d’Oise est l’un des départements français les plus endetté. Une situation notamment due au transfert de compétences de l’Etat au département effectué en 2004. Fin 2008, le coût de la décentralisation pour le Val d’Oise pourrait atteindre les 72 millions d’euros.
 
La recette de la taxe de mutation, qui a rapporté 158 millions d’euros l’année dernière, compensait en partie ce surcoût mais avec le ralentissement du marché immobilier cette ressource financière risque de se tarir.
 
Pas d’augmentation des impôts
 
Reste alors le levier de la fiscalité. La nouvelle majorité affirme qu’elle n’augmentera pas les impôts avant 2011 mais reproche cependant au groupe UVO de ne pas l’avoir fait. « En 2004, le département n’a pas relevé le taux d’imposition alors que les autres l’ont augmenté en moyenne de 10 à 15% » commente le nouveau président du Conseil Généra, Didier Arnal. Pourtant une augmentation de la fiscalité de 1% apporte au département 1,5 M€.
 
La taxe professionnelle n’apporte pas non plus suffisamment. En 2007, elle représentait 1 565 euros par habitants et place le département dernier d’Ile-de-France, loin de la moyenne régionale (2 428€) et à des années lumières des Hauts-de-Seine (3 687€). Malgré la fiscalité attrayante du Val d’Oise, l’arrivée de nouvelles entreprises n’a pas produit les effets escomptés.
 
Face à des dépenses plus importantes et des recettes qui s’épuisent reste le recours à l’emprunt. Le Conseil Général a donc voté vendredi un emprunt de 20 millions d’euros et limite ainsi « l’endettement d’équilibre à un niveau comparable à celui inscrit à l’issue du budget supplémentaire 2007. »
 
Cet emprunt, « conséquence d’une sous-estimation des dépenses obligatoires comme le RMI ou l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) », servira notamment à financer 5 nouvelles mesures du Conseil Général : "le dispositif « Rest’O Collège » (lire l’article), la création d’un Conseil départemental du développement durable, l’accélération des travaux pour l’accessibilité des équipements aux personnes handicapées, l’adoption prochaine d’un schéma en faveur de la petite enfance et enfin l’élargissement des critères du Fonds de Solidarité Logement pour éviter les expulsion et favoriser l’accession aux logements".
 
Ces priorités seront affirmées lors du vote du budget primitif de 2009. D’autres sacrifices seront alors envisagés pour équilibrer les comptes.
 

Adrien Hilpert