Dans un rapport publié aujourd’hui, la cour des comptes ne ménage pas les deux grands aéroports franciliens, Orly et Roissy. Si ces deux plates-formes sont bénéficiaires, leurs services, eux, ne sont pas à la hauteur. La liste des dysfonctionnements constatés par la cour des comptes est importante.
 
 Des résultats nettement bénéficiaires mais de nombreux points noirs quant à la qualité du service. Le bilan de la situation d’Aéroport de Paris (Orly, Le Bourget et Roissy) dressé par la cour des comptes n’est pas brillant. Sur la situation financière d’ADP, la juridiction constate « une certaine amélioration ». Malgré une période de dépression après 2001, « le trafic passagers a progressé de près de 16,2 % et le résultat net d’ADP a retrouvé et même dépassé, à compter de 2003, ses niveaux d’avant 2001. Et si le poids de la dette d’ADP demeure encore important, la situation patrimoniale s’est plutôt assainie ces dernières années » indique la cour des comptes.
 
Une qualité de service insuffisante
 
Dans son rapport, la cour des comptes porte un jugement sévère de l’état des services rendus aux passagers d’Aéroport de Paris. « Des points noirs demeurent. Il s’agit notamment de la faiblesse de la signalisation, des complications pour la circulation à l’intérieur des terminaux, de l’insuffisance de l’information donnée aux passagers ou de la mauvaise gestion des files d’attente.» affirme l’organisme.
 
Pour enfoncer le clou, la cour des comptes s’appuie sur une étude de satisfaction publiée en 2004 par un cabinet américain. Sur les 76 plus grands aéroports mondiaux, celui de Roissy se classe 68ème Malgré « certaines avancées, la situation générale demeure encore nettement insatisfaisante » soutient-elle, notamment aux moments de forte affluence.
 
Mais ADP n’est pas le seul responsable, la cour des comptes n’épargne pas l’Etat pour la gestion de la police aux frontières notamment. Elle dénonce un« nombre de fonctionnaires de la DPAF quasiment stable tout au long de la journée quelle que soit l’affluence. » « On a même pu constater le maintien de la présence d’agents de la DPAF 24h sur 24 à l’aérogare CDG1 alors que le trafic aérien y était interrompu entre 23h et 5h du matin » s’amuse le premier président de la cour des comptes. Enfin depuis 2004, les réclamations enregistrées à l’encontre de la DPAF ont augmenté de 47% sur Roissy-CDG.
 
Un manque d’ambition ?
 
Enfin, la cour des comptes livre un constat amer des engagements pris par ADP dans le domaine des services aux voyageurs. « Un niveau élevé de qualité de service constituait pourtant une des contreparties des hausses tarifaires consenties par l’Etat à ADP dans le contrat de régulation économique conclu pour la période 2006-2010. Mais force est de constater que les objectifs d’amélioration contenus dans le contrat sont peu ambitieux, tout comme le système du bonus-malus qui leur est associé. »    
 
Ce constat est dur d’autant plus que la cour des comptes estime que l’aéroport Charles de Gaulle pourrait arriver à saturation entre 2020 et 2030 et que « malgré les nombreuses incertitudes qui subsistent sur cette échéance, le devenir de cette plate-forme n’a pas encore fait l’objet d’une stratégie assumée et de choix clairs. »
 

Adrien Hilpert