Le maire d’Eragny assume l’arrêté municipal accordant une dérogation à certaines enseignes d’Art de Vivre pour l’ouverture de leur magasin le dimanche. Dominique Gillot estime cet arrêté « d’intérêt public » en opposition au combat « d’arrière-garde » mené par le syndicat Force Ouvrière.
 
 Alors que les socialistes cherchent encore la posture à adopter face à ce problème du travail dominical, certains maires, comme Dominique Gillot, veulent à tout prix conserver le dynamisme économique de leurs centres commerciaux, quitte à flirter avec la légalité. Alors que la loi donne aux maires la possibilité d’accorder cinq dérogations au repos dominical des salariés, Dominique Gillot veut aller plus loin. L’arrêté municipal pris le 9 juin dernier n’a pas de limite dans le temps et autorise donc les magasins de détail d’appareils d’équipement ménager situés sur le territoire de sa commune à ouvrir le dimanche. Une décision de la mairie attaquée en justice par l’avocat de FO, Vincent Lecourt (lire l’article).
 
« Au nom de l’intérêt public »
 
De son lieu de vacances, Dominique Gillot a défendu cette décision municipale : « Cet arrêté est le fruit d’une longue concertation avec les syndicats des magasins concernés. Réunions auxquelles le syndicat FO n’a pas participé. Art de Vivre est un centre commercial particulier destiné aux familles, qui aiment venir ici le dimanche. On a estimé qu’on ne pouvait pas laisser faire l’interdiction d’ouverture le dimanche au nom de l’intérêt public. En échange nous avons obtenu des garanties pour les salariés. Dans ces enseignes on ne peut travailler le dimanche que sur la base du volontariat et avec une majoration du salaire » affirme le maire d’Eragny.
 
Face aux attaques de Vincent Lecourt sur les fondements de cet arrêté, Dominique Gillot s’explique : « ce n’est pas un soutien à Planète Saturn mais un soutien à l’activité économique d’un centre commercial qui réalise une bonne partie de son chiffre d’affaire le dimanche et qui est ouvert ce jour depuis 20 ans. Ce que je défends c’est le maintien d’une activité économique » tient-elle à préciser.
 
Avant d’enfoncer le clou : « le combat de Force Ouvrière va à l’encontre des salariés que le syndicat est censé défendre. C’est un combat d’arrière-garde. Je maintiens donc cet arrêté en attendant que la Loi de Modernisation de l’Economie règle ce problème de la fermeture dominicale » poursuit-elle.  
 
Le projet de loi sur la question devrait être débattu à l’Assemblée Nationale « en octobre ou novembre » selon le député UMP chargé de ce dossier. En attendant, le combat entre partisans et opposants continuera sur le ring judiciaire… Pour l’instant Force Ouvrière mène au poing.
 

Adrien Hilpert