Dans une tribune au Monde, cinq maires de banlieue s’adressent au président de la République, dont le député-maire de Sarcelles, François Pupponi, le rappellent à ses engagements pour ces territoires. Ils souhaitent qu’il revienne sur la réforme annoncée de la Dotation de Solidarité Urbaine (DSU), censée corriger les inégalités territoriales, sociales et démographiques.

 En tout 20 villes du Val d’Oise* sont concernées par la réforme de la DSU. 15 d’entre elles en seraient exclues et 5 autres verraient leur subvention diminuée. Sur le territoire, elles sont près de 200. La suppression ou diminution de cette dotation représente un manque à gagner important dans les finances d’une municipalité. A Pontoise par exemple, la DSU s’élevait à quelque 900 000 euros. Pour les 80 communes franciliennes concernées, le montant se rapprocherait des 59 millions d’euros.

Face à cette situation, cinq maires de banlieue ont pris la plume dans le Monde de cet après-midi. Dans cette tribune, ils rappellent à Nicolas Sarkozy son engagement pour les banlieues. « Vous avez fait de ces banlieues l’une de vos priorités et promis un véritable "plan Marshall" pour répondre à l’exigence de solidarité nécessaire à des territoires depuis trop longtemps marginalisés » affirment-ils.

Avant de poursuivre, « le gouvernement est sur le point de pervertir l’un des symboles de la solidarité financière que, comme vous l’avez souligné, "nous devons aux communes les plus pauvres. Car s’il y a des villes avec des pauvres, il y a aussi des villes pauvres qui n’ont tout simplement pas les moyens de s’occuper de leur population"

Le mode de calcul de la DSU intègre les critères de zones urbaines sensibles (ZUS) et de zones franches urbaines (ZFU) qui définissent des territoires à faibles ressources où se concentrent de lourdes charges socio-urbaines. Et c’est précisément « l’abandon progressif de ces critères dans le projet de réforme de 2009 » qui fait réagir les maires qui ironise sur la situation.  « Bien entendu, une énième subvention sera en même temps créée pour les banlieues afin de compenser ce manque à gagner. Mais son montant est insuffisant, son statut de subvention ne la rend pas pérenne, elle devra être quémandée par les communes nécessiteuses auprès des préfets ; surtout, elle marginalise et déprécie une nouvelle fois les communes dites de "la politique de la ville". »

Enfin, ces cinq maires veulent que le gouvernement fasse marche arrière sur ce projet de réforme et mettent en avant le principe « République solidaire ».

Adrien Hilpert

*Exclues : Domont, Saint-Ouen-l’Aumône, Taverny, Deuil-la-Barre, Cormeilles-en-Parisis, Ermont, Saint-Leu, Franconville, Saint-Gratien, Eaubonne, Pontoise, Soisy-sous-Montmorency, Eragny, Fosses et Saint-Brice.
 Diminuées : Sarcelles, Villiers-le-Bel, Argenteuil, Gonesse, Garges-lès-Gonesse