Jeudi soir, le conseil municipal de Pontoise a voté le lancement d’une étude de faisabilité en vue de l’installation de caméras de vidéo surveillance et celui d’une enquête de victimation lors d’une même délibération alors que l’opposition souhaitait une distinction entre ces deux propositions. Didier Peyrat conseiller municipal PS dénonce « un débat volontairement esquivé par la majorité et un mépris solide de l’opposition ».  

 
 Proposée à l’origine par l’opposition, l’idée d’une enquête de victimation, qui permet de  cerner les délits réellement commis, mieux que les statistiques officielles, tronquées de tous les faits vécus et non signalés aux autorités, ne posait pas de problème au contraire du lancement de l’étude de faisabilité de la vidéo surveillance à Pontoise. Alors que Didier Peyrat avait demandé que deux délibérations soit soumises au vote, une seule a été proposée jeudi dernier. Une manœuvre du maire selon le conseiller municipal PS. « Pour des raisons politiques, il (Philippe Houillon) ne souhaitait pas que puisse s’exprimer au conseil un accord sur l’enquête de victimation et un désaccord sur la pose de caméras, décision prématurée aujourd’hui » estime Didier Peyrat.

Didier Peyrat justifie son vote

« En télescopant volontairement une mesure relevant de l’élaboration d’un diagnostic (l’enquête de victimation) et une mesure relevant de l’action (la pose de caméras), le maire, suivi par sa majorité, montre qu’il anticipe, pour des raisons idéologiques, sur un diagnostic qui n’a pas encore eu lieu » remarque Didier Peyrat. C’est cette raison qui a poussé l’opposition à voter contre cette délibération, suivie par Benoît Dumontet du MoDem. En revanche Didier Peyrat tient à se distinguer de l’extrême-gauche, représentée par Delphine Lagrené, qui a également voté non. Le conseiller municipal PS revendique une approche « rigoureuse et non démagogique » de la question de la sécurité, « sous-estimée » selon lui par l’extrême gauche. Sur le fond il n’est pas opposé à l’idée d’installer des caméras dans Pontoise à condition qu’un « diagnostic sérieux » soit fait au préalable.

Enfin, membre du groupe de travail municipal sur la sécurité fondé en juillet, Didier Peyrat estime qu’il est « mal parti ». « A cause des méthodes de monsieur Houillon, sur ce sujet comme dans bien d’autres : vernis de concertation, passage en force, et toujours : mépris solide de l’opposition » dénonce-t-il.


Adrien Hilpert